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Critiques / Danse

My Rock de Jean-Claude Gallotta

par Yves Bourgade

Croisement réussi entre danse contemporaine et rock

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« My Rock », que le chorégraphe Jean-Claude Gallotta présente en « recréation » cette saison 2015-2016 avec sa compagnie, fut d’abord il y a dix ans une sorte de « work in progress » diffusé de façon confidentielle.
C’est désormais un spectacle abouti, tonique, parfois sensuel, magnifiquement interprété par douze danseurs du Centre chorégraphique national de Grenoble et susceptible de faire aimer la danse dite contemporaine à un large public et de lui faire comprendre sa diversité.
Le chorégraphe reste une personnalité marquante issue du courant « la jeune danse française », qui émargea dans les années 1980, et ose un croisement entre ce genre et la musique rock, tout au long de treize séquences dansées sur treize morceaux de musique différents. Une rencontre, un mariage qui ont été rares. Et pourtant une certaine danse contemporaine a émergé aux Etats-Unis au début des années 1950 avec la création de la Merce Cunningham Dance Company, du nom de son fondateur danseur et chorégraphe à New York, alors que le premier rock brut et libre d’Elvis Presley apparaissait avec le fameux « My Happiness » à Memphis, suivi dans dès les années 1960 par la déferlante des Beatles et des Rolling Stones.
Le titre de la pièce « My Rock » (Mon Rock) est explicite. C’est le goût de Jean-Claude Gallotta qui nous est proposé. D’ailleurs le chorégraphe fait quelques apparitions discrètes sur le plateau. En quelques mots il tisse, par des anecdotes et par un éclairage personnel, le lien entre les séquences, tandis que sur le fond de la scène sont projetées les pochettes de disques des titres emblématiques sélectionnés.

Adolescent, puis jeune homme, Jean-Claude Gallotta a rêvé et vibré a des musiques, à des voix : de celle du « King, à celle de Patti Smith, synthèse entre le « Folk Blues » littéraire à la Bob Dylan et le « Punk Rock » à la violence héritée du « Velvet Underground ».
Il nous en livre un bouquet somptueux qui sert d’arrière-plan à une danse alternant solos, duos, trios, ensembles, à la gestuelle musclée, saccadée « sans être désordonnée », la marque de l’expression toujours libre de Jean-Claude Gallotta. Sa danse est dans chacune des séquences en accord avec la musique mélancolique de Nick Drake, disparu à 26 ans, celle de The Stooges qui repousse toutes les limites ou encore cellequi témoigne d’un mal tenace de vivre chez Nirvana et son chanteur Kurt Cobain, sans oublier la rage d’un Lou Reed qui subit physiquement les interdits de la société américaine de son temps.
Jean-Claude Gallotta quitte à la fin 2015 comme on le sait, la direction du Centre chorégraphique de Grenoble après 31 ans d’activité, mais restera avec sa compagnie, Le Groupe Emile Dubois, attaché au moins trois ans encore à la Maison de la culture de Grenoble. Il a commencé cet automne avec « My Rock »une tournée qui alternera avec les tournées en France de sa dernière création pour trois danseurs « L’Etranger » à partir du roman d’Albert Camus sur une musique de Strigall (de fin janvier 2016 à mars 2016) et de la reprise de son spectacle jeune public « L’enfance de Mammame » (de mars à mai 2016).

« My Rock » :
- Paris : Théâtre du Rond Point, jusqu’au 6 décembre (18 h, relâche les lundis et le 22 novembre, dimanche 15h - 38 euros – durée, 1h10).

© Guy Delahaye

Tournée
-Mulhouse : 10 décembre.
- Clermont-Ferrand : 15 au 17 décembre.
- Istres : 16 janvier 2016.
- Oyonnax : 26 janvier.
- Vannes 28 janvier
- Vernier (Suisse) : 26 et 27 février.
- Béziers : 18 mars.
- Bourges : 23 et 24 mars.

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