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Mort de Trisha Brown

par Yves Bourgade

Une figure de proue de la « post modern dance » américaine

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Audacieuse, curieuse, ne craignant pas de surprendre dans sa recherche des « chemins naturels » du corps, la danseuse et chorégraphe américaine Trisha Brown est décédée à 80 ans, le 18 mars 2017, aux Etats-Unis. Celle qui est considérée comme une figure de proue du courant de la « post modern dance » américaine s’était enfoncée depuis 2010 dans un silence consécutif à la maladie d’Alzheimer.

Dès 1959, après avoir reçu un enseignement de danse académique au Mills College en Californie, elle découvre avec Anna Halprin , l’improvisation et la richesse de la gestuelle naturelle du quotidien. Elle rejoint ensuite New York où elle travaille avec le chorégraphe Merce Cunningham et le musicien et pédagogue Robert Dunn. Elle y rencontre ceux qui deviendront d’autres pionniers du courant « post modern » en danse : Lucinda Childs, Simone Forti, Steve Paxton et Yvonne Rainer. Ensemble ils fondent le Judson Dance Theatre, mouvement qui rassemble aussi des musiciens et des plasticiens. Tous refusent l’expressionnisme et l’élitisme de leur époque et revendiquent l’improvisation et l’expérimentation comme base de travail. Le groupe insiste sur les aspects fonctionnels du mouvement, ce qui amène à la répétition de gestes simples du quotidien : marcher, courir, se lever, s’allonger, s’asseoir, se pencher etc…
Trisha Brown pour sa part se tourne vers une danse « antigravitationnelle ». A l’aide de filets, de harnais, de cordes, elle part à la conquête de lieux inédits. Elle les détourne de leur fonction initiale : parcs, lacs, musées, toits ou facades d’immeubles etc... Ce sont ses « Equipments Pieces » entre 1964 et 1974. Elle fonctionne alors par séries dont chacune illustre une problématique. La fameuse esthétique minimaliste de Trisha Brown trouve son meilleur accomplissement dans le cycle « Accumulation » (1971-1978). Les gestes quotidiens sont répétés à satiété jusqu’à ce qu’ils soient perçus pour eux-mêmes, indépendamment de toute fonction. En 1970, elle a créé sa troupe qui porte son nom. Le langage de la chorégraphe, toujours basé sur les « chemins,naturels » du corps se précise : fluidité des gestes, multipolarité et géométrie imprévisible .
Après avoir chorégraphié dans le silence, Trisha Brown collabore, à partir des années 80 du XXème siècle, avec des compositeurs vivants et des décorateurs contemporains. Elle s’appuie aussi sur la musique classique et met en scène des opéras, réalisant une intégration totale de la musique, du chant et du mouvement. Elle collabore jusqu’au début des années 2000 avec les grandes institutions comme l’Opéra de Paris, Le Ballet de Lyon, la Monnaie de Bruxelles, où elle sensibilisa les danseurs à sa démarche et à sa conception du corps entendu comme mécanique.
A pris fin dans un hôpital texan, la trajectoire diversifiée de Trisha Brown, commencée par des recherches aventureuses et terminée avec des réussites émouvantes. Elle laisse un riche répertoire qui ne pourra vivre qu’avec des danseurs motivés et inventifs.

photo Philippe Laurent

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