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Critiques / Festival / Théâtre

Molly S d’après Brian Friel

par Corinne Denailles

Drame intime

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On se souvient de la belle et sobre mise en scène de Laurent Terzieff en 2010 qui interprétait le chirurgien aux côtés de Fabrice Luchini (le mari) et de Caroline Silhol (déjà Molly S en 1997 sous la direction de Jorge Lavelli).
Julie Brochen met en scène la pièce de l’Irlandais Brian Fiel en empruntant une voie (voix ?) très singulière, déroutante et séduisante. Elle a tiré le fil des évocations musicales présentes dans la pièce qu’elle a inscrite dans un écrin sonore ; un choix original qui fait sens dans ce drame de la cécité. Chanteurs lyriques de grand talent, le ténor Olivier Dumait et le baryton Ronan Nédélec, accompagnés au piano par Nikola Takov, sont aussi bons comédiens. L’un interprète le chirurgien, l’autre le mari. Tous deux, pour des raisons discutables, incitent Molly à subir une opération pour recouvrer la vue perdue à l’âge de dix mois. Le résultat est catastrophique et Molly sombre dans la folie. Le traducteur de la pièce Alain Delahaye a qualifié ce texte de « drame de l’égoïsme s’avançant masqué sous les dehors de la générosité ».
Julie Brochen, qui signe une mise en scène en clair-obscur, est émouvante et juste dans le rôle de Molly S. Enclore ce drame au cœur de la musique fonctionne comme une réparation, un baume sur la douleur de Molly condamnée à ce que les médecins appellent « une vision aveugle ».

Molly S, d’après Brian Friel, traduction Alain Delahaye. Adaptation et mise en scène Julie Brochen. Avec Julie Brochen, Olivier Dumait, Ronan Nédélec, Nikola Takov. Costumes et scénographie, Lorenzo Albani. Lumières, Louise Gibaud. Avignon, au Petit Louvre jusqu’au 30 juillet (relâche les 24,25,26 juillet). Durée : 1h10. Résa : 04 32 76 02 79.

© Franck Beloncle

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