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Critiques / Théâtre

Miroirs d’elles de Gérard Levoyer, Lise Martin, Dario Fo, Franca Rame...

par Gilles Costaz

Neuf images de la femme

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Le miroir que nous tend Marie-Laure Favry, ce « miroir d’Elles », est brisé en neuf morceaux : neuf facettes de la femme dans sa vie, ses passions, ses rêves, ses souffrances. L’actrice n’est allée choisir ses textes que chez des auteurs d’aujourd’hui. C’est Gérard Levoyer qui l’emporte avec quatre monologues, tous tournées vers la solitude, la mie à l’écart, le vieillissement… Levoyer est toujours drôle quand il aborde la tristesse ! Quelle idée formidable que cette héroïne qui se plaint du palissement de ses cheveux et rêverait que la chevelure blanchisse à partir des pointes et non pas à partir des racines ! Dans la drôlerie, Lise Martin est également remarquable avec une vision gourmande des hommes perçus comme différentes espèces de fruits. Durringer et Foissy s’attachent, eux, à divers tourments, dans la saveur des mots. D’autres auteurs basculent sans détour vers la tragédie : Franca Rame et Dario Fo, avec leur fameux texte sur le viol dont l’actrice-auteure avait été victime, Jean-Gabriel Nordmann qui entre avec tendresse dans la tête d’une infanticide.
Chevelure rousse flamboyante, robe noire, Marie-Laure Favry est une flamme dans l’obscurité. Elle attrape sur un porte-manteau l’écharpe qui accompagne, évoque chaque personnage différent. Son jeu commence par la douceur, l’intériorité, la mélancolie. Puis elle multiplie les couleurs : elle varie les sentiments, les fait palpiter, évoque le plaisir dans l’attente et dans la joie de l’étreinte, suspend le mouvement dans les tristesses de la frustration… De la beauté de la légèreté elle saute à la noirceur de la violence infligée à la femme. Elle excelle dans tous les registres, sauf peut-être dans l’amplification ridicule de la vanité des actrices en fin de carrière (encore un texte de Levoyer). Marie-Laure Favry n’est pas sans doute pas faite pour l’exagération. Elle est sans cesse juste dans la vérité des cœurs et des corps. Son miroir brisé reflète une infinité d’émotions et une belle palette d’écritures, dans les belles allées et venues d’une âme joueuse.

Miroirs d’Elles, textes de Xavier Durringer, Franca Rame et Dario Fo, Lise Martin, Guy Foissy, Gérard Levoyer et Jean-Gabriel Nordmann, mise en scène et interprétation de Marie-Laure Favry, lumières de Romain Grenier.

Guichet-Montparnasse, 19 h les vendredi et samedi, 15 h le dimanche, tél. : 01 43 27 88 61, jusqu’au 14 mai. (Durée : 1 h 05).

Photo Dominique Le Bourhis.

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