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Mârouf savetier du Caire d’Henri Rabaud

par Caroline Alexander

A voir, revoir et savourer

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Ce fut il y a cinq ans, une réussite à savourer en délices de miel (voir WT 3750 du 29 mai 2013). Une turquerie à la française qui, au terme d’un demi-siècle d’oubli, retrouvait son bercail d’origine sur la scène de l’Opéra Comique où Jérôme Deschamps, son directeur d’alors, avait eu la fine idée de la ressusciter. Une gourmandise au goût d’Orient, une sucrerie imbibée de poil à gratter.

Olivier Mantei, l’actuel patron de la maison, a l’heureuse initiative d’en fait revivre les loufoqueries dans les costumes bouffons de Vanessa Sanina et les décors d’un kitsch irrésistiblement saugrenu signés Olivia Fercioni. On retrouvera avec bonheur le baryton Jean-Sébastien Bou en « pauvre Mârouf » direct et généreux, au timbre coloré, au jeu délié. Franck Leguérinel reprend les exubérances d’un Vizir espion. Changement de distribution pour d’autres rôles : Vanina Santoni reprend les langueurs de Nathalie Manfrido en princesse Saamcheddine, Jean Teitgen devient le sultan patapouf qu’incarnait Nicolas Courjal. Lionel Peintre, Aurélia Leguay sont aux commandes d’Ali et de Fattoumah…

Sous la baguette de Marc Minkowski, l’orchestre national de Bordeaux Aquitaine et le chœur de l’Opéra national de Bordeaux (coproducteur de cette reprise) se substituent à l’orchestre philharmonique et au chœur de Radio France que dirigeait Alain Altinoglu.

Etrange destin que celui de cet opéra-comique qui après sa création en 1914 connut un succès fulgurant, lequel s’éteignit en 1945, au terme de la seconde guerre mondiale car Rabaud, son compositeur avait entretenu des liens troubles avec l’occupant nazi. Il ne fut pas directement inquiété mais son œuvre fut remise au placard. Et les raffinements de sa musique avec ses bouffées pimentées d’orientalisme ne furent plus entendus.

Savetier sans le sou, en mal de babouches à réparer, lesté d’une épouse « calamiteuse », le pauvre Mârouf prend la fuite sur une bateau… qui fait naufrage. Le voilà Robinson sur une île pas du tout déserte où règne un richissime sultan. Lequel, joli hasard, s’avère être un pote d’autrefois. Sur ses conseils avisés, le naufragé éphémère se fait passer pour un commerçant tellement fortuné que le sultan, avide d’accroître ses biens, lui offre sa fille en mariage… Tout finira le mieux du monde grâce à un magicien malin…

La mise en scène de Jérôme Deschamps croise les relents du Grand Magic Circus de Jérôme Savary et ceux de ses propres Deschiens.
Détente et rires sont garantis. Les enfants peuvent même y emmener leurs grands-parents.

Opéra Comique les 23, 25, 27 avril à 20h, le dimanche 29 avril à 15h

0825 01 01 23 – www.opera-comique.com
Photos Vincent Beng

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