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Critiques / Théâtre

Marco Polo et l’Hirondelle du Khan d’Eric Bouvron

par Gilles Costaz

Amour et pouvoir dans la Mongolie du XIIIe siècle

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Le succès des Cavaliers d’après Kessel a donné envie à l’adaptateur et co-metteur en scène, Eric Bouvron (qui était associé pour ce précédent spectacle à Anne Bourgeois), de se déplacer de quelques milliers de kilomètres et de quelques siècles pour imaginer lui-même, en écrivain et en metteur en scène seul à bord, une pièce qui serait à cheval entre le conte et le fait historique. Il s’est souvenu du grand voyageur vénitien Marco Polo et aussi d’un des grands conquérants de l’Asie, le Mongol Kublaï Khan, petit-fils du redoutable Gengis Khan, qui régna au XIIIe siècle de notre ère. Marco Polo, jeune homme, a vécu longtemps à la cour du grand Khan, alors très âgé. Quelles relations avaient-ils ? Bouvron imagine que le jeune Italien fut séduit par l’une des quatre épouses du tyran et que celle-ci ne lui résista pas. Ce qui ne facilita pas les relations entre les deux hommes, mais le potentat mongol avait besoin du génie politique de l’Italien…
On ne peut affirmer qu’Eric Bouvron se révèle tout à fait, au premier essai, comme un grand auteur de théâtre. Mais il a du goût, le sens du conte, l’art d’associer des comédiens et des musiciens dans un Orient sans doute fictif mais séduisant. Kamel Isker est un Marco Polo d’une grande vitalité et d’une belle malice, Laurent Morel est un Khan ambigu à souhait, Jade Phan-Gia cultive avec subtilité un troublant exotisme. Les musiques et les danses ajoutent au charme de cette soirée qui répond avec joliesse à notre besoin de dépaysement.

Marco Polo et l’Hirondelle du Khan d’Éric Bouvron, mise en scène de l’auteur, collaboration artistique de Damien Ricour-Ghinea, costumes de Sarah Colas, lumières d’Edwin Garnier, avec Jade Phan-Gia, Kamel Isker (en alternance avec Elliott Lerner), Laurent Maurel. Musiques et chants : Ganchimeg Sandag, Bouzigmaa Santoro, Cécilia Meltzer, Didier Simone.

Théâtre La Bruyère, 21 h, tél. : 01 48 74 76 09.

Photo Laurencine Lot.

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