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Maison de la culture du Japon à Paris

par Yves Bourgade

Butô intemporel et butô futuriste

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En septembre 2014, disparaissait à 73 ans la danseuse et chorégraphe Carlotta Ikeda dont la personnalité singulière est associée au butô, ce genre de danse contemporaine apparu au Japon au début des années 60.
Carlotta Ikeda à laquelle la Maison de la Culture du Japon à Paris rend hommage fin mai appartient à la génération d’artistes japonais venus à la fin des années 70 en Europe et aux Etats-Unis pour se produire et enseigner leur art.

Un autre maître du butô Akaji Maro, prendra le relais en juin dans le même lieu, pour deux séries de représentations, avec sa compagnie Dairakudakan créée en 1972 et berceau d’une génération de chorégraphes japonais dont Carlotta Ikeda qui en fit partie en 1974.

Le terme butô désigne les différents styles constituant le genre qui, à l’origine, est autant une démarche idéologique et sociale qu’une démarche artistique, avec une référence au principe de la métamorphose, une caractéristique du théâtre et de la danse asiatiques. L’énergie révoltée des débuts devait s‘estomper cependant dans les années 80 et le butô devint alors genre de référence, une technique de base au même titre que d’autres techniques de danse moderne. Chaque chorégraphe rapidement fixe ses méthodes ce qui donna naissance à un large éventail de styles personnalisés.

Carlotta Ikeda qui au début des années 90 s’est installée en France, a créé très tôt avec une autre figure du butô Ko Murobushi, son propre groupe exclusivement féminin Ariadone dont la danseuse Maï Ishiwata interprète à la Maison de la Culture du Japon une nouvelle version du premier solo de Carlotta Ikeda Utt. Cette pièce fétiche de 1981 de la danseuse-chorégraphe japonaise qui y apparaît le corps musculeux maquillé de blanc, les yeux révulsés, était décrite par elle-même comme un « cri », une « onomatopée », « comme si on recevait un coup brutal dans le ventre » disait-elle.

L’improvisation tenant une grande place dans le butô, la version de Utt que présente la jeune Maï Ishiwata , est différente de celle de la créatrice : depuis 1981 le monde a changé et des nuances sont introduites. La chorégraphie reste toutefois intemporelle : on est convié à l’itinéraire d’une femme, « de la vie à la mort ou, suggère Carlotta Ikeda, de la mort à la naissance », une façon personnelle d’interpeler le spectateur sur les questions fondamentales liées au cycle de la vie.
Les représentations de Utt les 28 et 29 mai à la Maison de le Culture du Japon, seront suivies de la projection du documentaire d’Anna Kendall Carlotta Ikeda, danseuse de toute la peau : on y voit Carlotta Ikeda et Ko Murobushi travaillant la première version de Utt.

On est convié du 11 au 20 juin à un butô plutôt futuriste avec La Planète des insectes de Akaji Maro, 72 ans, qui y apparaît entouré de 21 danseurs de son groupe Dairakudakan : fasciné par la faculté d’adaptation des insectes aux changements de notre planète, le danseur-chorégraphe les confronte aux hommes jouant les apprentis sorciers avec l’énergie atomique, sur une bande son signée par le compositeur techno minimaliste Jeff Mills et les interventions à la flûte shakuhachi du virtuose Keisuke Doi.
Auparavant du 4 au 6 juin, le groupe Dairakudakan présentera Ode à la femme pour dix danseuses, une pièce sur les femmes avec en vedette et comme chorégraphe la plus ancienne des danseuses de la compagnie, Emiko Agatsuma : on y est convié à un hymne à la vigueur des femmes, mais aussi on peut l’interpréter comme un éloge à la renaissance d’une région du Japon le Tôhoku , touchée par la catastrophe de 2011.

-Hommage à Carlotta Ikeda, Utt : 28 et 29 mai, 20H, 15 euros
- Ode à la femme : 4 au 6 juin, 20H , 15 euros
La planète des insectes (Dairakudakan ) 11 au 13 juin, 18 et 19 juin 20H, 20 juin 15H, 15 euros
Maison de la Culture du Japon à Paris, 101 bis quai Branly, 15eme

Photos © Frédéric Desmesure

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