Accueil > Les Grands Ballets canadiens de Montréal

Critiques / Danse

Les Grands Ballets canadiens de Montréal

par Yves Bourgade

A Paris pour un triple anniversaire

Partager l'article :

La célébration de trois anniversaires permet la venue à Paris (sans doute la première non confidentielle) des Grands Ballets canadiens de Montréal (GBCM), une solide compagnie qui vise « à développer le ballet sous toutes ses formes, en s’appuyant sur les fondements de la technique classique ».
Les GBCM ont été créés il y a 60 ans par la danseuse et pédagogue russe Ludmilla Chiriaeff (1924-1996) qui contribua beaucoup à faire connaître la danse au grand public canadien. 2017 est l’année de la célébration du 375ème anniversaire de la création de Montréal . La Confédération Canadiennne fête quant à elle ses 150 ans.
Le Théâtre national de Chaillot qui s’affirme de plus en plus comme une « Maison de la danse » à Paris, était le lieu indiqué avec son vaste plateau pour accueillir cette compagnie dans sa production de « La Jeune Fille et la Mort » qui fait appel à pas loin de 40 danseurs.

Le danseur et chorégraphe macédonien Gradimir Pankov est directeur artistique depuis 1999 des GBCM où lui succèdera, à partir de la saison 2017-2018 l’Italien Ivan Cavallari qui fut, de 2013 à 2016, directeur artistique du Ballet de l’Opéra du Rhin en France.
La chorégraphie et les décors de « La Jeune Fille et la mort », créée en mai 2015, sont signés par l’Allemand Stephan Thoss , un produit de l’Ecole Palucca (du nom de Gret Palucca 1902-1993) de Dresde. Il a fait une grande partie de sa carrière en Allemagne de l’Est et de l’Ouest (il est actuellement directeur artistique pour la danse au Théâtre national de Mannheim).
Il reste à Stephan Thoss de son passage à l’Ecole Palucca, un certain goût pour l’expressionnisme, pour une danse dramatisée. Un moment de son ballet « La Jeune Fille et la Mort » fait songer par son organisation au dispositif de « La table verte » de Kurt Joss.
La pièce de Stephan Thoss se veut un dialogue abstrait entre la vie et le mort qui s’organise autour de symboles de la vie, l’air, le feu, l’eau et la terre, pas toujours identifiables par les éléments de décors et les costumes, en plus souvent peu éclairés. Par le truchement d’une série de pas de deux, la Jeune Fille évolue à travers ces éléments-symboles (interprétés par des danseuses), dotés de langages différents. Un danseur campe la mort multiforme. La danse est un encouragement à vivre sans se préoccuper de la mort. Très musicale, elle suit fidèlement les rythmes des musiques, aussi bien de Schubert revu par Mahler que de Philip Glass, Nick Cave ou Rachel Portman et Christopher Young.

Grande salle de Chaillot, 11, 14, 15, 17 mars 2017, 20h30, 12 mars 2017,15h30, 16 mars 2017, 19h30 ; durée 1h 25 ; places 39€.

Photo Damien Siquieros

Le Mur d'affiches


Visitez le Mur d'Affiches...

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.