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Critiques / Théâtre

Les Gens d’Oz de Yana Borissova

par Jean Chollet

Conversations intimes

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C’est à la découverte d’ une jeune auteure dramatique bulgare, à laquelle nous invite le metteur en scène Galin Stoev, avec cette création, troisième volet d’un triptyque composé de Petite pièce pour chambre d’enfant et de Rose is a rose is a rose, amorcé en 2007. A 34 ans, Yana Borissova est déjà une figure de proue de la dramaturgie de son pays, distinguée par plusieurs prix, et ses textes sont souvent présentés hors de ses frontières. Ils reflètent une écriture originale, tant par ses tonalités que par ses articulations structurelles. Comme en témoigne en particulier le sous-titre de cette pièce composée de “Plusieurs entretiens dont on peut modifier la suite suivant le goût, le désir ou l’humeur du lecteur ”, offrant ainsi une liberté subjective de navigation aux spectateurs. Ce qui pourrait apparaître comme un artifice, prend tout son sens au cours de la représentation organique menée avec cohérence et sensibilité par Galin Stoev, complice de l’auteure depuis plusieurs années, qui enchaine des séquences dans un esprit cinématographique, pas seulement inspiré par la référence allusive au célèbre film de Victor Fleming Le magicien d’Oz.

Le local commun d’un étrange immeuble, sobrement évoqué par la scénographie de Alban Ho Van, sert de lieu de rencontres et d’échanges entre Anna (Bérangère Bonvoisin), romancière confirmée en panne d’inspiration depuis quelques années, son colocataire Truman (Yohan Blanc), musicien marginal, Sart (Vincent Minne), rentier désœuvré, Mia (Edwige Bailly) jeune femme ambitieuse aux aspirations littéraires et Edwin (Tristan Schotte), jeune amoureux. Au fil de leurs conversations, qui tiennent lieu d’action dramatique, ils dévoilent respectivement leurs sentiments au regard de leurs existences respectives, face à leurs désirs, à l’art et à l’écriture, à la musique et surtout à l’amour, en conduisant parfois à leur propre découverte avec ironie et tendresse. Sous des propos, quelquefois d’apparence banale, se révèlent une profondeur existentielle et une réflexion, en réponse aux inquiétudes posées par le monde d’aujourd’hui. Sans manichéisme, avec une interprétation de qualité.

Texte publié aux Editions Théâtrales

Les Gens d’Oz de Yana Borissova, traduction Galin Stoev et Sacaha Carison, mise en scène Galin Stoev, avec Edwige Bally, Yoann Blanc, Bérangère Bonvoisin, Vincent Minne, Tristan Schotte. Scénographie Alban Ho van, costumes Sandra Briay, musique Sacha Carlson, lumière et vidéo Eksa Revol. Durée : 1 heure 40.

Théâtre national de la Colline jusqu’au 2 avril 2016.

Photo © Elizabeth Carrechio

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