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Les Chorégraphes américains et l’Opéra de Paris

par Yves Bourgade

Une exposition qui raconte 70 ans d’une histoire commune

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La Bibliothèque Nationale de France et la Bibliothèque-Musée de l’Opéra de Paris ont mis en commun leurs trésors pour raconter l’histoire de quelque 70 ans de collaboration entre la crème des chorégraphes américains de la deuxième moitié du XXème siècle et le Ballet de l’Opéra de Paris.
Le Palais Garnier sert de cadre à ce récit qui se présente sous la forme d’une exposition intitulée Chorégraphes américains à l’Opéra de Paris, de Balanchine à Forsythe, du 16 juin au 25 septembre.
En juillet 1947, le Ballet de l’Opéra créait, sur une musique de Bizet Le Palais de Cristal du russo-américain George Balanchine (1904-1983) qui ensuite, bien qu’invité par la France, s’installait aux Etats-Unis pour fonder ce qui allait devenir le New York City Ballet.
En juillet 2016, l’Américain William Forsythe (né en 1949) clôture la saison 2015-2016 du Ballet de l’Opéra avec un programme qui lui est entièrement consacré et notamment une création Blake Works I et une entrée au répertoire Of any if and . Tout ce qui s’est passé entre ces deux dates concernant les échanges entre les notables créateurs américains en danse et le tricentenaire Ballet de l’Opéra, l’exposition l’évoque, dans un parcours chronologique et thématique, avec photos, vidéos, peintures, maquettes et dessins de décors et de costumes certains par des artistes connus comme Léonor Fini et Clavé, ainsi que notes préparatoires aux chorégraphies.
Balanchine et Forsythe ont en commun la tradition classique. Le premier, d’une rare sensibilité musicale « se réfère aux pas d’école pour les outrepasser ». Le second « part d’une connaissance approfondie de la danse classique la plus académique pour mieux la déconstruire et la dépasser ». Le premier aime l’abstraction et la danse aux lignes fluides, le second nous dit les fractures du monde, le chaos d’où émerge un sens : le mouvement pur.
La première des quatre parties de l’exposition traite des « Premiers échanges » avec l’Amérique (1947-1972) qui se limitent à Balanchine et Gene Kelly, alors que le règne à l’Opéra de Paris du néo-classique d’origine russe Serge Lifar est bousculé, par exemple, par un Michel Descombey bien oublié.
Suit « La « période d’expérimentation » (1973-1980), avec l’ouverture aux différents courants de la danse contemporaine, notamment l’invitation de Merce Cunningham, figure emblématique de la postmodern dance, et de Paul Taylor. Il y a surtout la nomination de Carolyn Carlson comme « étoile-chorégraphe » qui peut créer un véritable laboratoire autonome et inventif, le Groupe de recherche théâtrale de l’Opéra de Paris (GRTOP). Pendant cette période, le ballet néo-classique américain continue également à avoir droit de cité, avec toujours Balanchine et Jérôme Robbins, qui entre au répertoire, avec son ironie et sa poésie.

Sous le titre « Eclectisme et pluralité »(1980-1989) est évoquée une période où le Ballet invite des chorégraphes américains confirmés et la plus jeune danse d’outre-Atlantique. Les danseurs et étoiles de la troupe stimulés par Rudolf Noureev et Jacques Garnier, se familiarisent avec les langages nouveaux d’Alvin Ailey, Jose Limon, Luis Falco, Lucinda Childs, Twyla Tharp ou encore William Forsythe.
Depuis 1990, le credo des directeurs de la danse successifs est de maintenir un équilibre entre la préservation du socle classique avec des reprises de pièces du répertoire et l’ouverture à la création, notamment en provenance des Etats-Unis.

Chorégraphes américains à l’Opéra de Paris, Palais Garnier, du 16 juin au 14 juillet, de 10h à 17h et du 17 juillet au 11 septembre de 10h à 18h. Tarif de visite donnant droit à la visite du Palais Garnier, 10€ .

Photos : costume pour « En sol » de J . Robins 1975 © ADAGP et costume de Léonore Fini pour « Le Palais de cristal © ADAGP

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