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Critiques / Opéra & Classique

Les Chevaliers de la table ronde de Hervé

par Olivier Olgan

Retour des Brigands avec une opérette épicée de leurs recettes burlesques habituelles.

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Pour tous ceux qui connaissent la Compagnie des Brigands, et ils sont nombreux depuis le temps qu’elle investit chaque fin d’année le Théâtre de l’Athénée avec ses opérettes sur-vitaminées, elle a gagné le label convoité de saltimbanques « ès-déjanterie » grâce à leur cocktail détonnant de farce leste et de musique légère. Pour tous ceux là et pour les autres, il faut se précipiter à l’Athénée pour partager cet appétit « opéra bouffe, où on ne mange pas » comme il est écrit sur le rideau de scène. Le ton (des calembours) est donné. Sérieux ou pince-nez s’abstenir.

Connaissez-vous Hervé ? Après Claude Terrasse, Léo Delibes, Moïse Simons, ou Maurice Yvain, Les Brigands ont jeté leur dévolu sur une opérette d’un compositeur prolifique champion du genre mais oublié. Louis-Auguste-Florimont Ronger dit Hervé (1825-1892) musicien polyvalent fut l’ auteur d’une centaine d’ouvrages lyriques dont les mémorables L’œil crevé, Chilpéric, Le Petit Faust, Les Turcs, Mam’zelle Nitouche… Son surnom ‘le compositeur toqué’ ne pouvait que séduire nos Brigands car il poussa plus que ses confrères les feux de la parodie, du burlesque et l’exigence d’une virtuosité technique au point que les critiques de l’époque lui reprochèrent d’être trop sérieux. Le livret – vaguement médiéval – n’est ici qu’un prétexte à rebondissements vaudevillesque et la musique, à d’effets d’entrainements individuels ou collectifs. Sauf qu’elle exige le meilleur des chanteurs qui relèvent le défi avec gourmandise : en premier lieu les sopranos Chantal Santon-Jeffery et Ingrid Perruche et les ténors Damien Bigourdon, Manuel Nunez Camelinon capables d’aigus grandiloquents. Une mention spéciale à la composition hilarante de Samy Camps, en jeune voyou pardon ! en chevalier errant issu des banlieues.

Deux changements cette année, mais de taille : rodage et cohérence visuelle. Le spectacle avant d’arriver à Paris a été joué dans toute la France. Le rythme des gags en tous genres et des enchainements de situations grâce à un jeu de portes et de trappes démultipliés sur trois niveaux est encore plus resserré, soutenu par la direction très rodée de Christophe Grapperon, le chef attitré de l’orchestre.
Le parti pris et assumé de la scénographie de Pierre-André Weitz, plus habitué aux codes lyriques d’Olivier Py, donne une cohérence visuelle au cadre habituellement kitsch de l’opérette. L’omniprésence des bandes banches et noires entre la tradition du théâtre de foire et l’esthétique sèche façon Buren – Weitz signe aussi les costumes – conforte une modernité décalée que les transcriptions musicales et textuelles contribuent à dynamiter dans l’hilarité générale. Une valeur sûre pour les amateurs de comédies musicales qui ne se prennent pas au sérieux, ce qui n’est clairement pas la tendance du moment !

Les Chevaliers de la Table ronde, opéra bouffe de Hervé, paroles Henri Chivot, Alfred Duru. Orchestre des Brigands sous la direction musicale de Christophe Grapperon, Chef de chant : Nicolas Ducloux, Mise en scène et costumes de Pierre-André Weitz, Travail corporel Iris Florentiny, Yacnoy Abreu Alfonso, Lumières Bertrand Killy, Transcription Thibault Perrine
Compagnie Les Brigands : Damien Bigourdan, Antoine Philippot, Arnaud Marzorati, Manuel Nunez Camelino, Ingrid Perruche, Lara Neumann, Chantal Santon-Jeffery, Clementine Bourgoin, Samy Camps, David Ghilardi, Théophile Alexandre.

Paris - Théâtre de l’Athénée jusqu’au 7 janvier 2017
01 53 05 19 19 - Réservations : http://www.forumsirius.fr/orion

Scène nationale de Sénart, 28 mars 2017
http://billetterie.theatre-senart.com

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