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Le théâtre national roumain I. L. Caragiale

par Gilles Costaz

Visite d’un des grands lieux culturels européens

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Méfions-nous de notre chauvinisme ! La France a de prestigieux théâtres mais on peut trouver, en matière de salles et de politique artistique, plus grand, plus actif, plus accessible au public en Allemagne, dans l’Europe de l’Est et en Europe du Nord. L’occasion nous a été donnée de visiter, à Bucarest, le Théâtre national de Roumanie qui porte le nom du grand auteur Caragiale (c’était bien avant Ionesco ! Il a vécu entre 1852 et 1912 ). C’est un lieu magnifique, dont l’actualité nous touche directement puisqu’il présente, parmi les nouveaux spectacles de janvier, la pièce d’un auteur qui nous est cher, Matei Visniec – un Roumain de Paris -, Petit Boulot pour vieux clown, dans une mise en scène du directeur, Ion Caramitru.
Le bâtiment se dresse en plein cœur de Bucarest : un masse blanche coiffée d’un chapeau rouge ! Un cylindre massif et accueillant. Sur l’emplacement d’un premier Théâtre national créé en 1852, les structures des années 50 viennent d’être totalement repensées, restaurées et transformées par l’architecte Romeo Bellea. L’ensemble contient sept salles de spectacle – dont chacune, en raison des tonalités adoptées pour l’une ou l’autre, a son public particulier -, des halls, des foyers, des terrasses, des cafés où l’art moderne et l’art ancien se confrontent tout en offrant un regard privilégié sur la ville. Marcher dans ces vastes espaces, ces couloirs et ces escaliers est en soi une belle aventure, une flânerie nostalgique et moderne. Les affiches nous parlent d’Anouilh, de Miller, de Cargiale, Fosse, les sculptures de grands acteurs aujourd’hui disparus… Chaque mois, le théâtre donne 50 représentations, pour plus de 10 000 spectateurs. Le public annuel tourne autour de 170 000 fidèles !
Pour faire vivre un tel complexe, aux techniques les plus modernes (la plupart des salles sont transformables), il faut un personnel important : plus de 400 personnes. Le patron, Ion Caramitru, grande figure de la scène et de l’écran, metteur en scène des répertoires classique et moderne, bénéficie de l’aide d’Ilinca Tomoroveanu, une actrice à la carrière prestigieuse, et de toute une équipe. Il y a pas mal de mises en scène de Caramitru à l’affiche, puisque les spectacles sont donnés en alternance et sont repris pendant de longues périodes. Les auteurs roumains dominent : Minulescu, Eltiminiu, Margu, Stefanescu… Mais les étrangers ont leur place : Tanovic, Dobcev, Stefenson, Schmitt… Dans l’impressionnante grande salle de 940 salles, le plateau est, actuellement, confié tantôt à Arthur Miller (Ils étaient tous mes fils), tantôt à Shakespeare avec un Roi Lear joué par Mihai Constantin et mis en scène par le Géorgien David Doiashvili. Tous les styles entrent en concurrence à l’intérieur de ce beau temple chahuteur où l’on remarque avec plaisir que L’Affaire de la rue de Lourcine de Labiche, mis en scène par Felix Alexa, et que Le Dîner de cons de Francis Veber, mis en scène par Caramitru, font partie du répertoire permanent. Notre esprit comique se faufile toujours parmi les multiples sources d’inspiration à Bucarest !

Théâtre national I. L. Caragiale 2, Nicola Balcescu blvd, sector 1, Bucharest 010051, tél. : 021 313 91 75, www.tnb.ro

Petit Boulot pour vieux clown, en alternance depuis le 7 janvier.

Photo DR : la grande salle.

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