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Le théâtre cet été

par Dominique Darzacq

De quelques festivals incontournables

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Si le festival d’Avignon reste le roi de l’été et est au théâtre ce que le Festival de Cannes est au cinéma, aux quatre coins de l’Hexagone, de places de villages en châteaux, d’abbayes en jardins publics, de nombreuses manifestations rassemblent un large public invité à rire , à pleurer, à rêver et à réfléchir. Suivez le guide.

Le Théâtre du Peuple à l’heure de Shakespeare

Scène mythique au cœur des Vosges, avec son théâtre-chalet qui inscrit à son fronton « L’art pour l’humanité », le Théâtre du Peuple à Bussang mérite vraiment le détour aussi bien pour la majesté de son site que pour sa programmation. Né en 1895 et berceau du théâtre populaire, il a su vieillir sans prendre de rides, s’adapter aux évolutions du théâtre d’aujourd’hui sans renier ses fondements et en maintenant fermement la tradition qui veut que le grand spectacle de l’après-midi ouvre le fond de scène sur la forêt vosgienne et mêle sur le plateau professionnels et amateurs.

Ce sera le cas avec Le Songe d’une nuit d’été de Shakespeare que met en scène Guy-Pierre Couleau metteur en scène attentif à donner toute son amplitude au texte et pour qui « le Songe est un rêve symboliste et profond, un miroir dans lequel chacun de nous peut se découvrir différent de ce qu’il croyait être », une féérie à laquelle il entend donner tout son suc.

« Après quatre saisons et des invitations au voyage vers des contrées plus ou moins lointaines, c’est sur les terres prolifiques, épiques et poétiques de Shakespeare que nous avons décidé de nous arrêter » » explique Vincent Goethals qui dirige le Théâtre du Peuple depuis 2011. Friand des écritures d’aujourd’hui et de ce qu’elles nous disent de l’état de notre planète, afin de nouer ensemble ses goûts et le grand Will, il met en scène Lady First de l’auteure franco-turque Sedef Ecer qui, dans cette pièce, revisite le personnage de Lady Macbeth pour nous faire entendre quelques échos de notre actualité.
Claire Dancoigne et son théâtre de marionnettes la Licorne revisite elle aussi Macbeth dont elle accentue la noirceur avec humour en le transportant dans le monde des insectes pour en faire un sinistre polar tout de craquements de mandibules, de crissements de carapaces ( Macbêtes, les nuits tragiques). Shakespeare encore avec une petite forme de théâtre et de danse autour de ses sonnets (Mon cœur pour un sonnet ),ainsi que William’s slam qui à travers le face à face d’un professeur de théâtre et d’une jeune de nos banlieues, nous propose une traversée inattendue mais jubilatoire de l’œuvre de Shakespeare.

Une nouvelle fois - et comme toujours en toute convivialité qui rendent les rendez-vous qu’il nous donne précieux-, le Théâtre du Peuple conjugue théâtre populaire et écriture décapante.

Théâtre du Peuple à Bussang, Estivales du 14 juillet au 28 août. Tel 03 29 61 50 48

A Figeac le mariage fructueux du théâtre et de la musique


Michel Fau pour le Festival de théâtre de Figeac et Olivier Desbordes pour le Festival de musique de Saint Céré, ont décidé d’abolir leurs frontières et de mettre ensemble leur expression artistique et de deux festivals n’en faire qu’un seul. Donc du 22 juillet au 4 août, de Figeac à Saint Céré les deux complices mélangent théâtre, musique et chants, « pour une traversée des apparences derrière lesquelles se révèle l’épaisseur charnelle des êtres humains ». Au total une vingtaine de spectacles parmi ceux-ci et dans le désordre Le Frigo de Copi, Kvetch de Steven Berkoff, Caligula de Camus, Monsieur de Pourceagnac la comédie –ballet de Molière et Lulli, La Périchole . A noter parmi les créations, sous la baguette de Manuel Pesquine et mis en scène par Olivier Desbordes et Eric Perez, un L’Opéra de quat’sous aux saveurs de cirque avec Nicole Croisille dans le rôle de Mme Peachum.

Pour sa part, Michel Fau comédien hors normes et qui aime à bousculer les limites et les clichés et avoue être « fasciné par une certaine théâtralité factice qui le fait rire autant qu’elle l’inquiète » en explore les diverses facettes hors des sentiers battus et à travers le travestissement et la voix transformée.
Après son « Récital emphatique » , c’est pour Figeac et avant le Théâtre des Bouffes du Nord, Névrotik hôtel spectacle pour lequel il a demandé à Christian Siméon « d’inventer un conte maléfique et pathétique ». Celui d’une vieille dame dévastée au bord de la mer qui fait des avances et de drôles de propositions à un joli groom. Avec pour partenaire Antoine Kahan et sur les musiques de Jean-Pierre Stora Michel Fau qui sera cette vieille femme précise « Cela ressemble à une vertigineuse mise en abyme des clichés humains, mais c’est aussi un hommage décalé et poignant à la grande chanson française ».

Festival Figeac/ Saint-Céré du 22 juillet au 14 août tel 05 65 38 28 08

A Sarlat Philippe Torreton ouvre les festivités


Au cœur du Périgord noir, niché entre Dordogne et Vizère, Sarlat, ville au riche patrimoine architectural, déploie ses jeux de théâtre depuis 1952. Placée sous la houlette de Jean-Paul Triboit, cette 65ème édition se veut comme toujours résolument éclectique. S’y côtoient des grands classiques, ( L’Ecole des femmes de Molière avec Pierre Santini dans le rôle d’Arnolphe, Les Fourberies de Scapin mis en scène par Jean-Philippe Daguerre), des Vaudevilles (Le Fil à la patte de Feydeau, Le Voyage de Monsieur Perrichon de Labiche) et des contemporains notamment Voyage à Reims d’après l’essai de Didier Eribon , spectacle passionnant où une mère et son fils se retrouvent et se parlent de leur vie, de leurs blessures, de leur incompréhension. A l’affiche aussi , Tabou de Laurence Février spectacle inspiré de faits réels et qui donne la parole à cinq femmes victimes de viol. Cinq témoignages que vient clore l’éclairante et salvatrice plaidoirie de Gisèle Halimi devant la cour d’assise d’Aix en Provence en 1978. A voir également, Le Monde d’hier de Stefan Zweig, l’ultime réflexion de l’écrivain autrichien alors exilé au Brésil, sur ce qu’il appelle « l’échec de la civilisation » et à laquelle l’interprétation tout en finesse de Jérôme Kircher donne toute son humaine densité.

Ce sont au total 18 spectacles émaillés de lectures et de rencontres que propose le Festival de Sarlat qui frappera les trois coups, le 18 juillet, avec un spectacle musical et poétique autour du parolier, poète, chanteur Allain Leprest. Pour défendre la part poétique de ce génial touche à tout disparu en 2011, Philippe Torreton et le percussionniste Edward Perraud (Mec  ! dans le Jardin des Enfeus)

Les jeux de Théâtre de Sarlat du 18 juillet au 3 août tel 05 53 31 10 83

A Périgueux Mimos s’éclate sur l’eau et dans les rues

Soucieux de témoigner de la vitalité et de la diversité créative des arts du mime et du geste Mimos pour sa 34ème édition, met à l’assaut de ses salles de spectacle, cours de lycée, rues et jardins, pas moins de quarante-cinq compagnies qui pendant cinq jours , « témoigneront de leur époque, s’interrogeront sur le monde qui les entoure par le mime, le geste, le mouvement, la danse ». Certaines font la part belle aux formes hybrides, la performance, marient art vivant et film d’animation. Parmi celles-ci le collectif Petit Travers qui, accompagné par Josef Nadj , avec Dans les plis du paysage propose en avant-première une création chorégraphique et polyphonique autour du jonglage. Tandis que les danseurs comédiens de la Compagnie Volubilis, en huit séquences de 7 minutes, soit huit chorégraphies de poches burlesques et déambulatoires bousculeront le fleuve tranquille de notre quotidien en nous faisant découvrir la ville (Les 7 minutes), il se pourrait que nous croisions les marionnettes géantes de la troupe Les Voisins du dessus, ou l’exubérante fanfare du groupe Le SNOB ( Le Service de Nettoyage des Oreilles Bouchée).
L’année dernière avec Geste de feu de la Cie Carabosse, Mimos avait embrasé une partie de la ville, pour cette nouvelle édition c’est la rivière de l’Isle qui servira de scène aux joutes de feux d’artifice, aux envolées musicales et mécaniques de la troupe Ilotopie qui avec Fou des bassins tisonne un conte mythologique où l’eau est un formidable champ d’expérimentation et qui de toute évidence nous en mettra plein la vue !

Mimos du 25 au 30 juillet tel 05 53 53 18 71

La Mousson d’été carrefour des écritures théâtrales


A la fin de l’été, quand les feuilles gorgées de soleil commencent à roussir mais que le temps est encore assez clément pour que la fraicheur des voutes soit accueillante, à Pont-à-Mousson, en Lorraine, l’Abbaye des Prémontrés devient une conviviale terre de rencontres et de découvertes autour du théâtre tel qu’il s’écrit, ici, ailleurs et maintenant. Pendant six jours, La Mousson d’été fondée et dirigée par Michel Didym fait converger dramaturges, metteurs en scène, comédiens autour de lectures, mises en espace, voire des spectacles de textes inédits ou traduits pour la première fois en français. Une moisson de primeurs en somme dont chacune des éditions a sa caractéristique, sa couleur, sa saveur.
Si celle-ci, la 22ème , ouvre largement ses portes aux auteurs d’Amérique du sud en nous faisant entendre les mots des mexicains Luis Ayhllon, Itzel Lara, du brésilien Alexandre Dal Farra, de la cubaine Agnieska Hernandez Diaz, feront aussi partie de ce festin des écritures les grecs Dimitris Dimitriadis et Yannis Mavrisàkis..C’est au total une vingtaine d’auteurs venus d’Italie, de Pologne, de France, de Grande Bretagne, qui comme le dit Michel Didym « nous proposent d’entendre leurs rêves inédits, leurs utopies, leurs engagements et leurs réflexions. Chacun avec son empreinte personnelle, et tous porteurs d’un souffle et d’un climat particulier qui font la richesse de ces rencontres internationales ».

La Mousson d’été du 23 au 29 août entrée libre pour les lectures et les mises en espace. 7 à 10 € pour les spectacles tel 03 81 81 20 22.

Photos : Le Théâtre du peuple à Bussang ©Jean-Jacques Utz , L’opéra de quat’sous à Figeac © DR, Mec à Sarlat © Stéphane Thabouret, Une lecture aux Moussons d’été © Eric Didym

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