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Critiques / Théâtre

Le manager, les deux crapauds et l’air du temps de Solenn Jarniou

par Gilles Costaz

Fête du langage

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Dans une agence de Pôle Emploi, un conseiller tombe sur deux chômeurs incongrus : la première ne parle qu’en argot, le second qu’en alexandrins. Or l’employé du service public doit absolument obtenir des résultats et trouver du travail aux demandeurs : sinon, il risque de connaître le chômage à son tour. Il appelle au secours son frère, manager de son état, pour qu’il apprenne à ces lascars la manière de s’exprimer normalement. Les deux « crapauds » se trouvent en face d’un obsédé du langage basique et de l’efficacité. Ils ont du mal à perdre leurs réflexes. Entre eux s’instaure tout un dialogue sur le langage. Mais, s’ils parviennent à parler la langue de tout le monde (pour laquelle ils n’ont aucun don, ils parlent croquant et poétique comme ils respirent), ne vont-ils pas devenir l’ombre d’eux-mêmes ?
La pièce de Solenn Jarniou est une fête du langage. La partition d’argot qu’elle joue elle-même est étincelante de trouvailles et de drôlerie. La partition rimée fait penser à de l’Edmond Rostand, du Cyrano de Bergerac d’aujourd’hui. La satire pourrait aller plus loin, car, peu à peu, le texte tourne au jeu, à l’exercice paradoxal. Le conflit sur ce qui est « normatif » et sur ce qui ne l’est pas passe au second plan. Mais, avec trois acteurs malicieusement imperturbables, Christophe Gravoult, Loï Auffret et Solenn Jarniou, ce moment de théâtre langagier et satirique est profondément original et réjouissant.

Le manager, les deux crapauds et l’air du temps de Solenn Jarniou de Solenn Jarniou, lumière de Yohann Olivier, participation de Gilles Bouhier et Denis Poulin, avec Loïc Auffret, Christophe Gravoult, Solenn Jarniou.

Grenier à sel, 16 h, tél. : 04 90 27 09 11, jusqu’au 25 juillet.

Photo Bilgou.

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