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Critiques / Théâtre

Le Vent dans la bouche d’après Violaine Schwartz

par Jean Chollet

Je suis Fréhel

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Comédienne appréciée, Violaine Schwartz est également chanteuse, auteure de pièces radiophoniques et romancière. C’est son second roman au titre éponyme, qui fait l’objet de cette adaptation théâtrale réalisée avec la complicité de Pierre Baux. Un récit qui retrace la trajectoire de vie chaotique et artistique de la chanteuse Fréhel (1891-1951) dont le répertoire “réaliste ” a marqué toute une époque.

Née à Paris de modestes parents bretons, sous le nom de Marguerite Boulc’h, elle grandit dans des quartiers populaires, traversant les chemins tortueux qui la mènent à la gloire, ponctués d’épreuves douloureuses, dont la mort d’un enfant et d’amours désastreux. Devenue chanteuse célèbre, avec l’aide de la belle Otéro, ses succès ne suffisent pas à combler son vide existentiel et elle plonge dans l’alcool et la drogue, fuit en Russie avec la duchesse Anastasia et en Roumanie, où elle noue un relation avec un officier qui sera tué au front de la guerre 14/18. Elle se perd ensuite dans les quartiers interlopes de Constantinople avant d’être rapatriée souffrante en France en 1923 où elle retrouve son public notamment à l’Olympia, puis est l’interprète de plusieurs films dont Pépé le Moko de Julien Duvivier (1937) dans lequel elle chante l’inoubliable Où est – il donc ? . Brulée par la vie, Fréhel meurt seule dans un hôtel sordide de Pigalle le 3 février 1951 et est inhumée au cimetière de Pantin.

“ Fermer vos gueules, j’ouvre la mienne ”

Cette apostrophe réputée de Fréhel à son public, revient comme un leitmotiv dans le spectacle. Seul en scène, sur un plateau en bois modulable ouvrant sur des trappes symboliques, Pierre Baux devient Madame Pervenche, animatrice de l’association “Pour Fréhel ” qui revendique le rapatriement de sa dépouille dans le cimetière plus honorable de Montmartre. Sous son premier nom de scène, il (elle) s’identifie à la chanteuse depuis son enfance, lorsque elle s’appelait Marguerite ou Pierre, jusque dans ses rencontres, succès, dérives, espoirs ou amours déçus. Des jeux de rôle variés et de dédoublements, qui animent ce monologue et ouvrent, accompagnés par les évolutions progressives des costumes, sur une théâtralité témoignant d’une alchimie réussie entre un texte et un comédien. Croisant le réel avec l’imaginaire, elle fait entendre des accents poignants ou comiques, fait de révoltes, de souffrances, de tendresse ou d’ émotions, ponctués de quelques tubes célèbres ancrés dans la mémoire comme La Java Bleue ou Tel qu’il est . Plus de soixante ans après sa mort, Fréhel retrouve la scène à travers cet hommage captivant.

Discographie de Fréhel : CD Virgin, Capitole, Colombia.

Le Vent dans la bouche, d’après le roman de Violaine Schwartz, (éditions P.O.L.), réalisation Pierre Baux et Violaine Schwartz, avec Pierre Baux. Scénographie Violaine Schwartz, Pierre Baux et Thomas Costerg, lumière et régie générale Thomas Costerg et Anne Roudly. Durée : 1 heure 10.

Théâtre Le Colombier à Bagnolet (93) jusqu’au 15 mars 2012, puis à la Comédie de Reims du 7 au 17 avril 2015

Photo ©Michèle Constantini

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