Accueil > Le Roi nu d’Evgeni Schwartz

Critiques / Théâtre

Le Roi nu d’Evgeni Schwartz

par Gilles Costaz

Des baladins doués de grâce

Partager l'article :

Le Roi nu d’Evgeni Schwarz
Des baladins doués de grâce
Evgeni Schwartz, le génial auteur du Dragon, auteur persécuté au temps de la Russie stalinienne, s’inspira de trois contes d’Andersen pour écrire Le Roi nu. Son objectif principal était de se moquer des dictateurs. Il y réussit très bien, sous les coups de bâton et de ciseaux de la censure, en contant l’histoire d’un jeune gardien de porcs amoureux d’une jeune fille que son père veut marier à un roi gras et ventru. Tout cela commence mal et finit bien puisque le monarque, persuadé de porter l’étoffe et l’habit les plus beaux du monde, se promène nu comme un ver et se ridiculise à jamais…
La jeune équipe réunie par Léa Schwebel n’a peur de rien : sept acteurs interprètent quarante-huit personnages ! Ils se répartissent de chaque côté de la scène, avec leurs habits, leurs masques, leurs prothèses, leurs instruments de musique, et se changent selon les urgences de l’action. En un temps où l’on préfère la charge, la farce appuyée, la violence caricaturale, cette troupe surprend par sa légèreté et par sa grâce. Même en se collant des rubans torsadés sur la tête ou en se doublant d’un ventre proéminent (et même d’un sexe masculin flageolant, comme c’est le cas pour l’acteur chargé d’être le roi sans habits), chacun demeure dans la pureté d’une fantaisie rêveuse. Violette Mauffet, qui joue la princesse, et Charly Labourier, qui, en alternance avec Régis Vallée, incarne le porcher, ont la même aisance dans la joliesse amoureuse que Julien Jacob sautant d’un rôle grotesque à un autre (celui du roi nu inclus). Tutti quanti, c’est le nom de la compagnie : ils sont doués, tous tant qu’ils sont !

Le Roi nu d’Evgeni Schwarz, traduction d’André Markowicz (éd. Les Solitaires intempestifs), mise en scène de Léa Schwebel, scénographie de Michel Ferry, costumes de Mélisa Leoni, masques et prothèses d’Amélie Madeline et Orlane Poncet, direction musicale de Guillaume Nocture, lumière de Jérôme Dejean, avec Mansour Bel Hadj, Julien Jacob, Charly Labourier, Régis Vallée, Olivia Lamorlette, Solen Le Marec, Amandine Marco, Violette Mauffet.

Théâtre 13 / Jardin Face au 103 A boulevard Auguste Blanqui, tél. : 01 45 88 62 22, jusqu’au 22 juin. (Durée : 1 h 35).

Photo Pauline Miko

Le Mur d'affiches


Visitez le Mur d'Affiches...

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.