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Critiques / Danse

Le Corsaire par le Ballet du Capitole

par Yves Bourgade

Un miracle de dosage

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L’ancienne étoile du Ballet de l’Opéra de Paris Kader Belarbi est depuis 2012 directeur de la danse au Capitole de Toulouse, en charge à ce titre des 35 danseurs de 14 nationalités du Ballet du Capitole.
Il s’efforce d’y tenir l’équilibre entre « élargissement du répertoire classique » et « ouverture à la diversité des esthétiques et à la création contemporaine ».
En cette fin de saison 2016/2017, sa troupe s’installe à Paris au Théâtre des Champs-Elysées avec une production du Corsaire, un ballet orientalisant qui charma le XIXème siècle et que Kader Belarbi a remonté en dosant subtilement fidélité au style académique et modernité sans provocation et parlante au public de ce début du XXIème siècle.
Ce Corsaire toulousain fut créé dans cette version en 2013 et depuis Kader Belarbi a remonté dans le même esprit d’autres ballets du répertoire pour sa compagnie : Giselle en 2015 et Don Quichotte en 2017, en attendant sa prochaine version de Casse-Noisette sur la musique de Tchaïkovsky prévue du 21 au 31 décembre 2017.
Depuis la création en 1856 par le Ballet de l’Opéra de Paris du Corsaire, signé Joseph Mazilier, sur une musique d ‘Adolphe Adam et un livret de Jules Saint-Georges inspiré d’un poème de Lord Byron et ses reprises jusqu’en 1867, cette oeuvre a disparu du répertoire de l’Opéra de Paris. En Russie puis en URSS, elle est en revanche toujours montée, d’abord par Marius Petipa, puis remontée dans d’autres versions comme celle de Petipa-Sergeïev, encore présentée en 2016 en tournée à Paris par l’English National Ballet. Sans parler des numéros ajoutés de Petipa et d’autres dont le fameux « pas de deux », popularisé dans le monde par Rudolf Noureev et différentes partenaires.

Kader Belarbi propose une interprétation du poème de Byron à la cohérence dramatique renforcée avec la complicité du chef d’orchestre David Coleman qui a réorganisé la partition d’Adam et l’a étoffée avec des pièces de Massenet ou de Sibélius par exemple pour la danse du tambourin des femmes corsaires. L’ancienne étoile du Ballet de l’Opéra de Paris, n’a pas pu ne pas être marquée par les willis de Giselle, les ombres de La Bayadère ou la tempête finale du Lac des cygnes auxquelles certains moments de son « Corsaire » font songer. Jamais le spectacle n’est kitch, comme c’était parfois le cas avec le spectacle de l’English National Ballet. Sur un fond de plateau épuré et lumineux et de quelques esquisses de palais et de rivages (décors de Sylvie Olivé) évoluent des protagonistes aux vêtements inspirés d‘un Orient sans pacotille (costumes de Olivier Bériot).
Forte de cet environnement et de son habillage orientaliste, la chorégraphie se déploie avec fluidité, parfois sensualité et cruauté et fait vivre les péripéties de l’action et l’exotisme des divertissements. De la compagnie et des solistes, qui ont changé depuis 2013, Kader Belarbi a obtenu à la fois de la rigueur dans le style classique et du naturel dans les mouvements (souplesse des poignets, ondulation et liberté des bras), pour raconter cette intrigue compliquée où se côtoient almées, odalisques, péris, corsaires derviches et janissaires.
Un DVD du « Corsaire » dans la version de Kader Belarbi est déjà disponible chez Opus arte.

Le Corsaire au Théâtre des Champs-Elysées à Paris, du 20 au 22 juin 2017, 20h, durée 2h20, places de 15 à 89 €
Casse-Noisette au Théâtre du Capitole de Toulouse, du 21 au 31 décembre 2017, durée 2H20, places de 8,50 à 60€.

Photos"Le Corsaire" ©David Herrero

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