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Critiques / Danse

Le Ballet de Shanghaï

par Yves Bourgade

Des thèmes chinois adaptés au vocabulaire classique occidental

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On critique volontiers la mauvaise qualité de certains produits de bazar « Made in China » qui inondent le marché en France, pour reconnaître que le Ballet de Shanghai qui revient après 28 ans d’absence en représentation à Paris au Palais des sports de la Porte de Versailles jusqu’au 20 mars, témoigne des possibilités d’adaptation créative et de perfectionnisme des Chinois.

Cette venue s’inscrit dans le cadre des manifestations qui en France et en Chine commémorent pendant l’année 2014 le 50ème anniversaire de l’établissement, à l’initiative du général de Gaulle, des relations diplomatiques entre la République française et la République populaire de Chine.

Le Ballet de Shanghai fort de 70 danseurs a été créé officiellement en 1979 sur le modèle des compagnies de danse classique occidentale et sa constitution a été précédée par l’existence dans cette ville traditionnellement ouverte sur l’étranger d’un petit groupe de danseurs, élèves et professeurs de l’Ecole de danse de Shanghai.

L’œuvre fondatrice du Ballet de Shanghai La fille aux cheveux blancs (à l’origine un opéra-ballet inspiré d’une légende sur la misère des paysans) qui est représentée deux fois à Paris les 18 et 19 mars et a été créée sous le régime du président Mao Zedong, exalte les valeurs de la Révolution culturelle chinoise. S’y mêlent le vocabulaire de la danse classique occidentale, travaillée parfois avec des professeurs occidentaux et des éléments de danses populaires chinoises. Cette Fille aux cheveux blancs est très connue en Chine et a été dansée plus de 1700 fois dans le monde et le sera à Paris pour la première fois.

La deuxième œuvre à l’affiche (cinq fois jusqu’au 20 mars) A sign of love, sous-titrée explicitement amours secrètes dans le Shanghai d’avant-guerre, veut témoigner de la spécificité de l’ambiance d’une ville interlope et insouciante entre les deux grandes guerres mondiales à la veille de l’occupation de la Chine par le Japon. Les passions sans issue de deux couples qui se font et se défont, se déploient sur des musiques tantôt traditionnelles chinoises, tantôt d’emprunts à Beethoven, à un jazz version de Shanghai, ou de Duke Ellington, de Benny Goodman et Count Basie etc.

La partie chorégraphique de A sign of love qui a été créée en 2006, est signée par le Français Bertrand d’At, un ancien du Ballet du XXème siècle de Maurice Béjart et notamment ancien directeur du Ballet de l’Opéra du Rhin.

Sur un livret du Chinois Cao Lu Shen, il entraine les danseurs chinois à la technique classique occidentale, particulièrement solide et précise ; dans des duos intimistes, mais toujours très pudiques qui alternent avec des ensembles pour des scènes de rue typiquement chinoises et avec des séquences de cabaret où s’exprime l’attrait pour le divertissement à la mode occidentale. A voir ces danseurs et danseuses, on croit sans difficulté que dans Giselle, Coppelia, Le lac des cygnes etc… ils puissent être à leur aise et même y ajouter une touche de finesse typiquement chinoise.
Un autre français Jérôme Kaplan a signé pour A sign of love décors (des architectures mobiles rapidement disposées selon les scènes) et costumes qui rappellent parfois ceux des personnages des albums d’Hergé des aventures de Tintin en Chine.

Le Ballet de Shanghaï : 2 programmes
« A sign of love » cinq représentations jusqu’au 20 mars. 2 heures.
« La fille aux cheveux blancs » les 18 et 19 mars.
Palais des sports , porte de Versailles

Photos : Singn of love ©Lu Xun Chen

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