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La transmission de la danse

par Yves Bourgade

d’Yvette Chauviré à Jérémie Bélingard

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Le 22 avril 2017, le Ballet de l’Opéra de Paris a rendu hommage à Yvette Chauviré, morte à la veille de ses cent ans fin 2016 et qui fut l’une de ses étoiles marquantes, tant comme interprète que comme pédagogue.
Le 13 mai 2017, une des actuelles étoiles de la compagnie, Jérémie Bélingard fera ses adieux à la scène au Palais Garnier, en participant à un programme composé de chorégraphies de Merce Cunningham et William Forsythe. A cette occasion, cet artiste curieux d’expériences nouvelles, improvisera un solo mis en musique par Kelichiro Shibuya, dans une création numérique de Adrien M & Clair B.
Quelque temps auparavant, début avril 2017, l ’Ecole de danse de l’Opéra de Paris a présenté son traditionnel spectacle annuel où l’on voit les « petits rats » danser déjà des chorégraphies imaginées pour leur aînés. Ce spectacle de l’école fut aussi cette année l’occasion de réunir à Paris, pour un gala, les élèves de sept écoles de danse, attachées à sept compagnies de ballet de Copenhague, St-Petersbourg, Londres, San Francisco, Toronto, Stuttgart et Hambourg . Ces compagnies de danse ainsi que celle de l’Opéra de Paris, sont , soit les dépositrices d’une tradition, soit attachées à ce que se perpétue le répertoire d’un chorégraphe contemporain, mais ouvrent aussi leur répertoire à la création de leur temps.
Tout est surtout problème de transmission et de la manière dont elle s’opère. La notation des pas, l’enregistrement filmé des ballets, ne suffisent pas. Pourtant les jeunes aspirants danseurs sont actuellement souvent tentés d’apprendre les variations sur YouTube, au détriment de l’apprentissage avec un maître de ballet . Cette pratique transforme parfois les figures malheureusement en numéros de cirque.
Ces constatations ont été exposées par les responsables des sept grandes écoles de danse réunies à Paris autour l’Ecole de danse de l’Opéra pour le gala d’avril, lors d’un colloque sur la manière d’adapter la danse classique aux données du XXIème siècle. Des débats, il est également ressorti la nécessité de rendre la danse classique accessible à un plus large public.
Le programme de la soirée du 22 avril en hommage à Yvette Chauviré a mis justement en lumière l’importance du témoignage par le verbe et le geste vécu, au travers d’extraits de chorégraphies créées ou interprétées par cette étoile et reprises par les étoiles actuelles de la compagnie (notamment un extrait du dernier pas de deux des Mirages et des extraits de Suite en blanc de son maître Serge Lifar, le solo La mort du cygne de Fokine). De « grands anciens », toujours actifs comme professeurs, Cyril Atanassoff, Atilio Labis et Ghislaine Thesmar ont transmis le flambeau.
Dans son autobiographie parue en 1997, Yvette Chauviré expliquait que « faire travailler un rôle est un autre type de labeur, très fort, très intense, avec une relation puissante qui s’établit entre le maître et l’élève. La technique n’entre plus en ligne de compte que pour aller plus loin dans l’interprétation, d’approcher plus près du personnage, du style, de la vie la plus intime de l’œuvre ».
A Jérémie Bélingard, prochainement « ancienne étoile de l’Opéra de Paris, il appartiendra de transmettre à ses cadets le secret des ballets notamment signés Saburo Teshigawara et Wayne McGregor, à la création desquels il a été associé tout au long de sa carrière.

Adieux de Jérémie Bélingard : Palais Garnier, 7 , 9 , 12mai 19h30, 13 mai 14h30 et 20h, places de 10€ à 110 €.

Photos : Ecole de l’Opéra de Paris « Divertimento » ©Francette Levieux, Jérémie Bélingard dans « L’Arlésienne »©Icare

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