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Critiques / Théâtre

La nostalgie des blattes

par Corinne Denailles

tête-à-tête

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Dans un futur aseptisé, lyophilisé, policé, un univers où toute vie a disparu, un monde entre 1984 et Soleil vert, deux survivantes, peut-être cachées dans un abri souterrain, deux résistantes, deux dissidentes coincées sur leur chaise, inquiètes de voir surgir la brigade sanitaire quand elles osent griller une des dernières cigarettes qui reste à l’une des deux, apeurées à l’écoute de mystérieux grondements aériens.
Dans ce contexte de fin de l’humanité, Pierre Notte met en scène deux femmes qui exhibent leur vieil âge dans des vitrines telles des prostituées. D’ailleurs l’une l’était autrefois (Catherine Hiégel), l’autre était comédienne dit-elle, (Tania Torrens), les deux faces d’une même médaille, commente Catherine. Voilà bien longtemps qu’elles n’ont plus de visites. On assiste à un dialogue immobile où elles se mesurent l’une à l’autre, montrent leur talent pour jouer la maladie d’Alzheimer ou de Parkinson, s’agressent, se rapprochent, tentent une sortie, décident, vaille que vaille, que la vie aura le dernier mot.
Le sujet est original et les comédiennes de grand talent ; pourtant on reste à la surface d’un texte sans véritable dramaturgie, finalement assez superficiel. Notte n’a pas su véritablement élaborer la densité et le tragique de cette proposition singulière imaginée par Catherine Hiégel et Tania Torrens.

La nostalgie des blattes de Pierre Notte avec Catherine Hiégel et Tania Torrens. Lumières, Antonio de Carvalho ; son, David Geffard. Au théâtre du Rond-point jusqu’au 8 octobre à 21h. durée : 1h10.

© Giovanni Cittadini Citti

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