La mort de Loïc Volard
Une grande figure du théâtre en région
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- 14 juin 2025
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L’on vient d’apprendre le décès, à 85 ans, de Loïc Volard qui fut un artiste et un personnage actif et inventif dans les différents versants du théâtre français. Car il fut d’abord acteur (formé à l’école de la rue Blanche, il eut longtemps sa compagnie tournée vers le répertoire contemporain ; il abandonna la scène pour reprendre une activité de comédien quand on lui confia la Maison de la culture de la Loire-Atlantique entre 1975 et 1995). Mais il fut aussi directeur et producteur de théâtre, aux frontières du théâtre public et du théâtre privé, tourneur (il fit beaucoup pour que les spectacles circulent et que les régions soient innervées par les créations les plus intéressantes) et l’un des professionnels qui réfléchit le plus pour la continuelle adaptation d’un métier aux conditions de vie difficiles et fluctuantes. Il fut aussi l’un des pionniers du théâtre à la télévision quand il produisit Théâtre du XXe siècle au temps de l’ORTF.
Il était nantais et il travailla beaucoup dans la belle ville de Nantes. S’il avait un point commun avec Jacques Demy, c’était l’humeur : il aimait rire, il aimait la fantaisie, il aimait la joie du public. Il avait donc de l’amitié pour ceux qui donnaient du bonheur au public. Un jour, son entourage obtint de lui une liste d’interprètes et d’artistes préférés qui le résume bien. C’est la liste suivante, fondée sur ce qu’il appelait « l’alternative artistique » : « Pour les auteurs, Reza, Schmitt, Grumberg, Billetdoux, Brecht, Feydeau. Pour les metteurs en scène : Lavelli, Bourdet, Bluwal, Savary, Ribes, Besson, Serreau, Hiegel. Pour les actrices : Fossey, Lebrun, Miou-Miou, Barbara Schulz, Duperey, Darrieux Pour les acteurs : Brasseur, Rich, Huster, Arditi, Avron, Chesnay, Weber, Morel ». C’était sa clé du plaisir théâtral.
L’un des événements importants de sa vie fut sa rencontre avec Jean-Claude Houdinière. Vite liés par l’amitié et une intelligence complémentaire, il dirigèrent ensemble le théâtre de l’Athénée avant que Pierre Bergé ne le rachète – c’était avant 1977-, imaginèrent la société de tournées Théâtre actuel, ouvrirent et firent vivre le CADO d’Orléans. Ce Nantais fut plus longtemps maître à bord d’une salle de création – en tandem – à Orléans qu’il ne le fut dans sa ville natale. Fondé en 1988 avec une inoubliable Mort d’un commis voyageur de Tennessee Williams, le CADO traça une longue route, souvent couronnée de Molières, qui dura 27 ans pour Volard et Houdinière, et que Christophe Lidon poursuit depuis 2015.
Loïc Volard ne pensa jamais créer une dynastie mais son fils, François Volard, partage les mêmes passions et, à la tête de sa société de production Acte 2, participe activement à la vie du jeune théâtre, souvent en collaboration avec … Jean-Claude Houdinière et ses enfants Fleur et Thibaud. Nous n’oublions pas ce personnage imaginatif et bienveillant qu’était Loïc Volard.
Photo DR.



