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La flûte enchantée par le Béjart ballet Lausanne et Béjart le démiurge de Ariane Dollfus

par Yves Bourgade

Maurice Béjart : un chorégraphe au souvenir entretenu

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Il y a eu dix ans en 2017, Maurice Béjart tirait sa révérence et laissait une compagnie portant son nom le Béjart Ballet Lausanne (BBL) qui la même année a fêté son 30ème anniversaire.
Sous la houlette du danseur Gil Roman , le BBL poursuit sa route, entretient l’héritage laissé par le chorégraphe marseillais et continue à se produire en Suisse naturellement, mais aussi dans le monde, ainsi à Paris en ce début 2018.
A l’affiche parisienne, au Palais des Congrès : la reprise de la version dansée de l’opéra « La flûte enchantée » de Mozart que Maurice Béjart a réglé en 1981. Alors c’était pour le Ballet du XXe siècle, la troupe basée à la Monnaie de Bruxelles avec laquelle il réalisa certainement les plus spectaculaires créations de sa carrière. La liste est longue : quelque 300 ballets, du « Sacre du Printemps » en 1959 au Mandarin merveilleux » de 1992, en passant par « Boléro » (que le Ballet de l’Opéra de Paris remonte cet hiver à l’Opéra Bastille), « Messe pour le temps présent », « Bhakti », « Le chant du compagnon errant » etc…
Une carrière charismatique et une vie que raconte scrupuleusement et analyse la critique de danse Arianne Dollfus dans son livre qui vient de paraître, « Béjart le démiurge » chez Arthaud. Un regard qui témoigne notamment pour les plus jeunes générations de ce que fut le phénomène Béjart dans la domaine de la danse et du spectacle vivant en général, aussi des côtés boulimique et intuitif de cet homme en phase avec son époque.
Pour le critique et historien de la danse Paul Bourcier, Maurice Béjart a en effet bénéficié de l’évolution socio-culturelle du grand public à partir de la décennie 1960 et « il aura le mérite décisif de sortir la danse du ghetto des ‘balletomanes’ et d’imposer un art qui parlera fortement au plus large public ».
Avec lui, plus de tutu, emploi du collant (réduit au collant de jambes pour le danseur) ou mieux encore le jeans. Il affectionne les grands espaces comme lieux de représentation, les stades, les arènes. Il aspire à un art œcuménique, intégrant au besoin la technique académique à condition qu’elle soit ramenée à la pureté de son origine classique. Il ne dédaigne pas le ballet pur et le ballet mystique, ce dernier lui fournissant une possible méditation sur le destin de l’homme.
Cette dernière préoccupation a tout naturellement amené le chorégraphe à la « La flûte enchantée », opéra maçonnique dont le sujet est « le conflit des deux sexes conflit qui trouve son aboutissement dans le mystère du couple » affirmait Maurice Béjart se référant au musicologue Jacques Chailley lequel explique « l’homme et la femme doivent d’abord se chercher, puis s’étant trouvés, dépasser leur condition première par une série d’épreuves qui les rendront dignes de leur nouvel état ».
Pour la reprise de cette « Flûte enchantée » de Maurice Béjart , les danseurs du BBL qui n’ont pas interprété cette chorégraphie depuis 2007, notamment les rôles principaux (Tamino, Pamina, Papageno, Sarastro, la Reine de la Nuit etc…) ont travaillé avec des aînés qui eux ont dansé sous l’œil de Maurice Béjart. A voir .

- « La flute enchantée » par la BBL au Palais des Congrès de Paris, du 7 au 11 février 2018, places de 47 à 125 €

- Béjart le démiurge » de Ariane Dollfus, Arthaud , 448 pages, 21,50€

© Grégory Batardon

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