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La Routes des rêves sous la direction de Jean-Michel Ribes

par Gilles Costaz

Les 25 ans de la Fondation Colas

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Pourquoi parler d’un spectacle qui n’a été donné que deux soirs et qui a été, majoritairement, réservé à un public invité par les mécènes ? Parce que cette Route des rêves, produite par la Fondation Colas, est une sorte de modèle joyeux où l’on fait tomber les cloisons entre les arts. La Fondation d’entreprise Colas, qui est tournée vers les arts et la peinture contemporaine, et son président, Hervé Le Bouc, ont commandé à Jean-Michel Ribes, pour les 25 ans de l’association, un spectacle qui mêlerait arts plastiques, théâtre, musique, chant, danse, cirque, vidéo. Hervé Le Bouc précisait : « un spectacle d’art vivant à l’image d’une collection (celle de la Fondation) en mouvement et d’un mécénat artistique pluridisciplinaire, axé sur la création et le soutien aux talents. » Même certains tableaux ont été invités à être présents sur la scène !
Jean-Michel Ribes a réuni autour de lui Angelin Preljocaj et Aragorn Boulanger pour la chorégraphie, Reinhardt Wagner pour la musique, Raphaël Navarro, Clément Debailleul et Etienne Saglio pour la magie, Patrick Dutertre pour la scénographie, Juliette Chanaud pour les costumes, Louisa Ould pour la vidéo, Elsa Revol pour les lumières. Du beau monde ! La soirée commençait dans les énigmes de la magie : une boule de lumière volait au-dessus du public. Puis tout s’entrechoquait : les acrobaties à vélo, les chorégraphies fragmentées et sensuelles de Preljocaj, les chants lyriques et les chants de variétés, des extraits de Musée haut musée bas où le rire absurde de Ribes est ravageur, des groupes en harmonie et des artistes isolés et faussement égarés. Au piano, Reinhardt Wagner maintenait la tension et la rêverie, quand on ne faisait pas sonner John Cage, Underworld ou Bonobo. Parmi les acteurs, on pouvait reconnaître Annie Gregorio, Philippe Berodot, Marie-Christine Orry, Eric Verdun, Héloïse Wagner... Dans les chansons, tout parlait, malicieusement, de peinture !
Après le spectacle, les artistes des différentes disciplines confiaient qu’ils ne se connaissaient pas et avaient aimé travailler ensemble. Cette Route des rêves est une route à suivre. Bien que la tendance soit déjà aux spectacles hybrides et que beaucoup de théâtres aillent parfois dans cette direction, les barrières restent fermées dans bien des points de l’univers artistique. Ce type de mélange (ou de mêlée, comme en sport) et de confrontation gagnerait à être renouvelé. Mais il avait là – grand luxe ! – une trentaine de saltimbanques en scène et une cinquantaine de personnes à la manœuvre !

La Route des rêves, création de Jean-Michel Ribes, conseil et coordination de Pascale Cayla, assistanat de Virginie Ferrère. Théâtre du Rond-Point : les représentations ont eu lieu les 2 et 3 février.

Photo DR  : acrobaties cyclistes devant une oeuvre d’Hervé Di Rosa.

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