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Critiques / Opéra & Classique

La Rondine, de Giacomo Puccini

par Jacky Viallon

Un opéra aux faux airs d’opérette

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Nicolas Joël et Ezio Frigerio, son décorateur fétiche, reprennent au Capitole de Toulouse la production de ce Puccini rare et peu joué, créé pour la première fois le 27 Mars 1917 à l’Opéra de Monte-Carlo. Un plaisir que les Parisiens pourront savourer du 1er au 10 juillet prochain au Châtelet dans le cadre de son annuel Festival des Régions. L’ouvrage de cette Rondine, légère et mélancolique, avait été initialement écrit pour Vienne où Puccini jouissait d’une extrême popularité. Mais la guerre de 14-18 fit que l’on déplaça la création à Monte-Carlo. Ce sont probablement ces racines viennoises qui donnent à la pièce sa grâce et son spleen, évoquant le monde de la Côte d’Azur au temps de la Belle Epoque. On retrouvera la matérialisation de cette ambiguïté dans le décor très évocateur de Ezio Frigerio et dans la mise en scène de Nicolas Joël qui réussit avec astuce à se faire côtoyer deux univers.

Sollicitation contradictoire et déchirante

Comme dans la musique, il y recrée une perspective dramatique qui se cache derrière cet opéra aux fausses allures d’opérette. Le spectateur est transporté d’un univers à l’autre. Son émotion naît à la fois du drame et de son contraire. Cette sollicitation contradictoire et déchirante le transporte. Le lyrisme y trouve ses élans. C’est toute l’histoire du théâtre qui semble ressurgir sous la coupole de ce lieu mythique. Ce sont les élans et les contradictions que l’on retrouve à travers les tourments, les tiraillements et les joies éclatées des personnages. Quand Magda (Ivan Mula) et Ruggero (Giuseppe Gipali) chantent leur dernier duo, ils apparaissent comme deux oiseaux fragiles perdus dans la grande cage des sentiments du monde. Le renoncement auquel ils sont contraints prend, avec la puissance du décor et le poids de l’histoire de la coupole, une dimension écrasante d’émotion. Un grand souffle romantique fait frissonner et résonne dans notre imaginaire. Ceci sous la présence agile et enthousiaste du chef d’orchestre Marco Amiliato et de la ferveur de tous les solistes.

La Rondine, de Giacomo Puccini. Livret Giuseppe Adami. Mise en scène : Nicolas Joël. Direction musicale : Marco Armaliato. Décors : Ezio Frigerio. Costumes : Franca Squarciapino. Lumières : Vinicio Cheli. Avec Inva Mula, Guiseppe Gipali, Marius Brencui, Alberto Rinaldi, Frédéric Caton, Jean-Pierre Lautré, Thierry Félix, Oriana Kurteshi, Elsa Maurus, Thierry Vincent. Théâtre du Capitole, 13 Mars 2005 ; Reprise au Théâtre du Chatelet du 1°au 10 Juillet . Renseignements : 05 61 63 13 13.

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