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Critiques / Théâtre

La Petite fille aux allumettes d’après Andersen

par Dominique Darzacq

un conte cruel serti d’images

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« C’est triste, mais à la fin la petite fille est heureuse parce qu’elle a retrouvé sa grand-mère qu’elle aime » expliquait avec un remarquable esprit de synthèse, ma jeune voisine de 6 ans interrogée après le spectacle par une maman soucieuse de savoir si sa gamine n’était pas trop perturbée par l’histoire de cette petite marchande d’allumettes qui vient de perdre sa maman, erre pieds nus dans la rue sans oser rentrer chez elle de peur d’être battue par son père car elle n’a pas vendu une seule allumette de la journée. Blottie dans un coin, pour se réchauffer elle craque ses allumettes qui deviennent autant de rêves heureux et où lui apparaissent sa mère et aussi sa grand-mère qui lui avait dit « quand une étoile tombe, une âme monte au ciel ». Cette nuit-là une étoile tombait en même temps que s’éteignait la dernière allumette.

Un conte poignant adapté, ici, par Olivier Meyrou, metteur en scène et documentariste, qui n’en noie pas la cruauté dans le pastel des couleurs mais les suggère en jetant des passerelles avec une réalité identifiable par les jeunes spectateurs. Caddie de supermarché, à la fois berceau et cercueil, gobelet de plastique avec lequel la petite fille joue à faire le clown en même temps qu’elle se réchauffe le nez, cartons comme ceux dont usent les SDF pour s’isoler du bitume gelé, appel de l’Abbé Pierre en voix off sont autant d’éléments qui font de la marchande d’allumettes une petite fille telle qu’on peut en rencontrer sur nos trottoirs et à qui Anna Cervinka donne toutes les saveurs d’une petite fille d’aujourd’hui qui s’invente des chimères et des jeux pour lutter contre la détresse. A ses côtés Céline Samie, (la mère) et Nâzim Boujenah (le père) se font avec finesse les passeurs d’un conte que le metteur en scène, soucieux d’en atténuer la noirceur sertit de projections de dessins et de films vidéo comme autant de pistes d’envol onirique et poétique. Un flux d’images qui semblent parfois déconcerter les parents, mais dans lesquelles les bambins frottés de virtuel et moins formatés s’y retrouvent sans problème, voire avec délectation.

La Petite Fille aux allumettes d’après Hans Christian Andersen, adaptation Amrita David et Olivier Meyrou, mise en scène Olivier Meyrou avec Céline Samie, Nâzim Boujenah, Anna Cervinka et en film vidéo Catherine Samie, Eric Génovèse, Matias Pilet (durée 1h10)

Studio Théâtre de la Comédie-Française à 18h30 jusqu’au 4 janvier
tel 01 44 58 98 58 / www.comedie-francaise.fr

photos © Cosimo Mirco Maggliocca

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