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Critiques / Théâtre

La Louve de Daniel Colas

par Gilles Costaz

Pour l’amour d’un fils

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Daniel Colas est l’auteur dominant de cette rentrée ! Il présente presque simultanément deux nouvelles pièces : Brasseur et les enfants du Paradis au Petit Saint-Martin et, au La Bruyère, La Louve. L’Histoire est l’un de ses domaines favoris. Bien avant un très bon spectacle sur Charlie Chaplin l’an dernier, il avait écrit et mis en scène une fort plaisante comédie historique, Henri IV le bien aimé, qu’avait joué Jean-François Balmer. La Louve est pour lui, un retour au temps de la Renaissance : Louise de Savoie se démène pour que son fils François devienne roi de France et elle mérite bien son surnom de canidé, tant elle a la hargne, la persuasion et l’entregent nécessaires à qui veut imposer ses vues à la Cour de France. Mais ce n’est pas tout à fait gagné. Le vieux roi Louis XII pourrait avoir un héritier avec la jeunette qu’il vient d’épouser. Comme celle-ci a un amant, tout peut arriver et tant pis si l’éventuel bébé n’est pas le fils de son père, on ne connaît pas encore les verdict des éprouvettes ! Mais, chacun le sait, Louise et son fils François 1er emporteront la partie.
Il y a peu d’imprévu au moment du final : le spectateur se doute bien que le jeune prétendant deviendra roi, malgré ses maladresses et son appétit érotique qui lui fait si souvent perdre la tête. Ce qui a intéressé Daniel Colas, c’est le nœud des intrigues au cœur desquelles une femme ambitieuse use tous les stratagèmes possibles pour faire triompher sa descendance, semble échouer et finit par mettre la chance de son côté. Cette vision de l’Histoire peut faire penser aux lointaines émissions d’Alain Decaux : c’est plus feuilletonnesque que shakespearien. Les scènes sont bien écrites, bien graduées, tandis que la mise en scène de l’auteur règle habilement des allées et venues théâtrales sur le petit espace du La Bruyère. En louve, Béatrice Agenin déploie un jeu éclatant. En François 1er, Gaël Giraudeau est encore un peu flottant. Adrien Melin, Patrick Raynal et Coralie Audret, notamment, ont de l’allure dans cette page d’Histoire qui a le charme des vieilles estampes.

La Louve de Daniel Colas, mise en scène de l’auteur, assistanat de Victoire Berger-Perrin, costumes de Jean-Daniel Vuillermoz, décor de Jean Haas, lumières de Kevin Daufresne, musique de Sylvain Meyniac, avec Béatrice Agenin, Gaël Giraudeau, Coralie Audret, Maud Baecker, Yvan Garouel, Adrien Melin, Patrick Raynal.

Théâtre La Bruyère, 21 h, tél. 01 48 74 76 99. (Durée : 2 h 15).

Photo Laurencine Lot.

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