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Critiques / Opéra & Classique

La Fille du Régiment de Gaetano Donizetti

par Charles Rosenbaum

en direct depuis le Metropolitan Opera de New York

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A l’occasion de la production de La Fille du régiment de Gaetano Donizetti au Covent Garden de Londres, on s’était demandé pourquoi Paris serait privé de ce chef d’œuvre défendu par deux étoiles de nos tréteaux lyriques, Laurent Pelly pour la mise en scène et Natalie Dessay, en soprano diva dans le rôle titre (voir webthea du 15 janvier 2007).

La retransmission en direct depuis le Metropolitan Opera de New York de la même production samedi 19 avril a comblé cette lacune avec bonheur. Les mélomanes étaient nombreux, très nombreux à se presser aux portes de dix sept cinémas français Pathé Gaumont qui proposaient pour la première fois cette séance unique en son genre, dans tous les sens du terme.

Installés confortablement dans un beau cinéma des Champs Elysées, les spectateurs ont vibré en même temps que les mélomanes new-yorkais à un spectacle qui avait donc commencé sa carrière au Covent Garden de Londres, puis était passé au Staatsoper de Vienne avant d’atterir au Met. Et, sans doute, encore mieux que les New Yorkais assis au premier rang, les Parisiens ne manquaient rien des mimiques des protagonistes. Ni aucun détail de la mise en scène toujours aussi inventive et drolatique de Laurent Pelly.

Des flots d’enthousiasme

A l’égal des fortunés amateurs du Met, les spectateurs qui n’avaient payé que le prix d’un billet de cinéma (légèrement majoré), ont réservé un triomphe romain, à l’orchestre dirgé par le souriant Marco Armiliato et surtout au couple de très grands chanteurs. On ne découvre plus les qualités de Natalie Dessay, ni de Juan Diego Florès. Mais les entendre en haute définition numérique fut un véritable enchantement… Les vocalises de Marie (Natalie Dessay) dans ses grands airs Chacun le sait, chacun le dit et Salut la France ont soulevé des flots d’enthousiasme. Pour Tonio (Juan Diego Florès), inutile de décompter les neuf contre-uts promis, ce fut de la parfaite virtuosité, une acrobatie de haute école doublée de splendeur vocale ; Felicity Palmer (la Marquise de Berkenfeld) et Alessandro Corbelli (Sulpice) membres pemanents du casting new yorkais furent également mis en valeur par les gros plans.
Cette opération relayée par France Musique peut inciter une plus large population à s’intéresser à l’opéra.

Le principe En direct du Metropolitan Opera de New York ne s’arrêtera pas à ce coup d’essai passé de main de maître et se poursuivra les saisons prochaines avec quelques affiches à sensation : Salomé de Richard Strauss avec Karita Mattila, Lucia di Lammermoor de Donizetti avec Anna Netrebko et Rolando Vilazon, La Damnation de Faust de Berlioz, Iphigénie en Aulide de Gluck ; cerise sur le gâteau, Renée Fleming qui était la présentatrice et l’interviewer de charme du spectacle, chantera Thaïs de Massenet.

La Fille du régiment opéra en deux actes de Gaetano Donizetti, livret de Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges et Jean François Alfred Bayard, créé le 11 février 1840 à l’Opéra Comique de Paris. Direction musicale Marco Armiliato, Metropolitan Opera Orchestra , Metropolitan Opera Chorus, chef de chœur Donaldo Palumbo., mise en scène et costumes Laurent Pelly, scénographie de Chantal Thomas.
Natalie Dessay Marie, la vivandiere, Juan Diego Florez Tonio, Felicity Palmer La Marquise de Berkenfeld, Alessandro Corbelli Sulpice Pingot, un sergent du 21ème Regiment, Marian Seldes La Duchesse de Krackenthorp.
Coproduction avec le Covent Garden de Londres et le Staatsoper de Vienne

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