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La Danse (im)mobile de Clémentine Célarié

par Gilles Costaz

La beauté en chacun de nous

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Etonnant spectacle qui nous rappelle que les canons de la beauté et de l’élégance sont toujours étroits et conventionnels et que, souvent, l’émerveillement naît là où l’on avait oublié d’aller regarder ou dans un contexte où l’on n’avait pas encore cherché à inventer et à créer. Avec La Danse (im)mobile Clémentine Célarié fait un bond remarquble vers un théâtre où on ne l’attendait pas et où elle nous touche d’une manière profondément humaine et originale. Ayant fait la connaissance du comédien handicapé Thierry Monfray et l’ayant confronté au danseur de hip hop Olivier Lefrançois, elle eut l’idée de construire une pièce autour de personnes en fauteuil roulant qui ne sont en rien des êtres sans mouvement mais, au contraire, des gens qui ont leurs propres mouvements et même leur art de la danse. Elle a écrit un conte où un roi vit entre une « sœur roulante » (jouée par Lauren ou Vanessa François, selon les jours) et une « sœur marchante » (incarnée par elle-même, Clémentine Célarié). Ces trois personnages se cherchent, se côtoient, s’opposent parfois et trouvent l’harmonie.
Rien qui relève du monde médical, visuellement, puisque les acteurs portent des costumes de conte de fées. Rien de figé puisque les acteurs en fauteuil roulant se déplacent comme on patine sur la glace, dans des rondes continuelles et parce que deux brillants danseurs de hip hop, Virgile Garcia et Ilyess Benali, campent les « suivants du roi ». Eux sont acrobatiques, font des sauts de saltimbanques mais ils savent cesser leurs jeux élastiques pour mêler leurs gestes à ceux de leurs partenaires, prendre leur place aussi dans les fauteuils roulants, chacun étant dans une sorte d’envol et de fraternité physique avec les autres. Jean d’Artigues, qui remplaçait Thierry Monfray le jour où nous avons vu la représentation, et Lauren expriment une joie qui les illumine. Clémentine Célarié ajoute à sa belle prestance une dimension spirituelle qui l’illumine également. Les déplacements sont si bien réglés qu’il y a là, vraiment, une chorégraphie fascinante. Sans un mot (jusque quelques chuchotements), cette Danse (im)mobile nous dit dans la fluidité et l’évidence que tout être humain a en lui la grâce et la beauté.

La Danse immobile, conception et mise en scène de Clémentine Célarié, lumières de Jacques Rouveyrollis, costumes de Mélisande de Serres, son de Mathieu Poupin, avec Jean d’Artigues (ou Thierry Monfray), Lauren (ou Vanessa François), Clémentine Célarié, Virgile Garcia, Ilyess Benali.

Le Chien qui fume, 19 h 5, tél. : 04 90 85 25 87, jusqu’au 27 juillet. (Durée : 1 h 15).

Photo DR.

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