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La Comédie italienne rouvre ses portes

par Gilles Costaz

Bolloré sauvera-t—il le théâtre parisien d’Arlequin ?

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En mai dernier, la Comédie italienne, rue de la Gaîté, annonçait la fin de son activité. Créé en 1974, ce théâtre mourait de dettes, de l’arrêt des subventions et de l’indifférence des tutelles. Son créateur-directeur, Attilio Maggiulli, n’avait pas arrangé son cas en opérant le plus bel attentat dadaïste fait à Paris depuis le surréalisme : en 2013, il avait lancé sa voiture contre les grilles de l’Elysée. Au lieu d’apprécier la beauté du geste, les pouvoirs publics l’envoyèrent à Sainte-Anne en prenant pour fou celui qui se moquait de notre président ! Or la Comédie italienne rouvre ses portes à partir du 16 novembre, avec un nouveau spectacle de Maggiulli, Les Délices du baiser. Miracle provisoire ou miracle définitif ?
Beaucoup d’amis ont apporté leur soutien au théâtre. Le banquier du CIC, M. Lapomme, a été d’une aide sans faille. Plusieurs fournisseurs ont annulé leurs créances. La vente des costumes, dont certains avaient été donnés par le Piccolo Teatro de Milan, a remis un peu d’argent dans les caisses et permis de régler quelques salaires d’acteurs impayés. Cependant, beaucoup d’entrepreneurs ont tourné autour de cette salle si bien placée pour s’en emparer : chaînes de pizza, crocodiles en tout genre... Maggiulli a tenu bon. Mais aucun sponsor n’a encore promis un soutien important. La réouverture est donc une dernière tentative et une manifestation d’espoir. Un seul financier a commencé des négociations sérieuses : Vincent Bolloré, dont la gestion de Canal Plus et d’I-Télé est contestée mais qui, dans le domaine du spectacle, a secouru notamment la Cinémathèque française et le théâtre du Nord-Ouest.
Attilio Maggiulli définit ainsi la situation : « Aucune des personnes liées à la culture italienne n’a répondu à mes appels. Le seul qui ait réagi est Vincent Bolloré. Je rouvre le théâtre, dans un équilibre extrêmement fragile, car je sais que Bolloré fera quelque chose. J’anticipe ! La troupe est restée sept mois sans jouer. Nous devons redonner vie à notre scène. Je suis en tractation avec Bolloré et j’espère qu’il pourra soutenir la Comédie italienne sur plusieurs années ».
Les Délices du baiser poursuit ce goût d’un théâtre qui s’inspire des traditions de la commedia dell’arte et place Arlequin comme la grande figure de la comédie européenne. « Cette ronde des baisers me permet de mettre en scène les codes du jeu masqué, dit Maggiulli. Le spectacle commence par l’accolade et le baiser primitif, avec la marque du totem et du sorcier. C’est ensuite le baiser de Juliette et Roméo ! Puis celui du chevalier qui part aux croisades, le baiser menteur, le baiser du vampire, le baiser d’Arlequin et Colombine, le baiser de l’ange… A l’occasion des baisers menteurs, je ferai peut-être des allusions à l’actualité politique, mais c’est d’un réglage difficile. Le tout sera tendre et ironique. Jouissif, j’espère ! »
Que la fête re-commence !

Les Délices du baiser, spectacle en français, texte et mise en scène d’Attilio Maggiulli. D’après des canevas de C. Invernizio, I. Corvinus et C. Goldoni. Assistanat de Claudine Simon, musique de Michaël Roux, avec Hélène Lestrade, David Clair, Maëlle Saomon, Alexis Long et Vincent Morisse.

Comédie italienne, tél. : 01 43 21 22 22, à partir du 16 novembre.

Photo DR.

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