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Critiques / Danse

La Belle au bois dormant selon Brigitte Massin

par Yves Bourgade

Intemporalité de la danse baroque

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Béatrice Massin est un cas à part intéressant dans l’univers actuel de la danse. Formée à la danse contemporaine par Susan Buirge, elle bifurqua rapidement vers le langage baroque, vers la « belle danse », en participant à partir de 1983 comme danseuse et chorégraphe à l’aventure pionnière en France de la compagnie Ris et Danceries (1980-1995) de Francine Lancelot (1921-2003) dont elle fût l’assistante et la collaboratrice. Elle fut notamment associée, pour la partie danse, à la formidable production de la résurrection d’« Atys », la tragédie-ballet de Lully, remontée en 1986 par Jean-Marie Villégier sous la direction musicale de William Christie.

En 1993, Béatrice Massin fonda sa propre troupe « Fêtes galantes » avec laquelle elle vient de faire étape à l’Opéra de Paris-Bastille, avec une version très personnelle de « La Belle au bois dormant », avant une longue tournée tout au long de la saison 2015-2016. Le but de cette chorégraphe est de sensibiliser à la magie qu’elle juge intemporelle de la « belle danse ». La singularité de Béatrice Massin est aussi de confronter « le vocabulaire de la danse du XVIIéme siècle avec la sensibilité et les conventions scéniques de notre siècle ». Ce qui l’amène à concevoir aussi bien des reconstitutions historiques que des créations originales.

A cette deuxième catégorie appartient son approche du conte de Charles Perrault qui naturellement s’adresse en priorité à de jeunes spectateurs (à partir de 6 ans), le plus souvent sans a priori, mais aussi à un plus large public d’aînés ouvert aux expériences nouvelles. « Sa » Belle s’endort au temps de Lully et de ses contemporains compositeurs, Campra, Colasse, Marais, Gervais, dont les musiques accompagnent la première partie. Elle se réveille aux sons des musiques de Mozart et de son père Léopold dans la deuxième partie, un siècle après, puisqu’une méchante fée condamne la Belle à cent ans de sommeil et à être réveillée par un prince charmant.

C’est à un voyage dans le temps qui ne néglige pas parfois la facétie (gestuelle et sonore) que Béatrice Massin convie le spectateur. L’intrigue est sensée débuter au sein d’une cour de l’époque baroque où l’on a rien d’autre à faire que de danser. Dans la première partie, où sont en scène la Belle (Lou Cantor) et sa duègne (Corentin Le Flohic qui interprète aussi la méchante fée), les costumes de Clémentine Monsaingeon sont plus encombrants, les pas plus codés, plus en cadence et en régularité). Le prince charmant (Olivier Bioret), dans la deuxième partie, est vêtu comme un paysan et danse pieds nus, principalement avec clarté, comme la Belle d’ailleurs. La conviction de Béatrice Massin de l’intemporalité de la « belle danse » lui fait négliger la nécessité d’un décor, réduit à des lumières signées Evelyne Rubert, qui gagneraient cependant à plus de vivacité.

La belle au bois dormant (50 minutes)
- Paris , Opéra-Bastille, Amphithéâtre, jusqu’au 19 octobre 20H.
Puis en tournée.Bezons, 24 au 27 novembre .

En décembre 2015 : Valenciennes 4 et 5 , Albertville 9 au 11 ,Tarbes 14 et 15, Hazebrouck le 18.
En janvier 2016 : Nevers 5 et 6, Meaux 12 et 13, Noisy-le-Sec 26 et 27.
En février 2016 : Saint-Cloud 14 février.
En mars 2016 : Bron du 8 au 12, Turin (Italie) 15, Eysine 22 au 24.
En avril 2016 : Bellegarde 1er avril , mai 2016 : Val-de-Rueil 10 mai.

Photo ©François Stenner

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