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Critiques / Opéra & Classique

LA BOHEME de Giacomo Puccini

par Caroline Alexander

Inusable …

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Presque vingt ans d’âge, un millésime de maturité tranquille, des reprises à chaque tournant de saison – sauf sous la présidence de Gérard Mortier qui n’aimait guère Puccini -, la mise en scène que Jonathan Miller signa en 1995 continue de drainer un public conquis d’avance qui immanquablement fond de plaisir. La garantie du succès est telle que la nouvelle reprise s’étalera jusqu’au 14 juillet prochain*.

On y retrouve sans surprise, la transposition des décors de Dante Ferretti dans le Paname des années trente, version ciné, avec au premier acte, sa mansarde déglinguée, son poêle, ses meubles de brocante et son mur placardé d’une affiche de Jean Harlow. Puis le café Momus et son air Art Déco, son petit marché des quatre saisons, enfin la rue enneigée, son troquet, sa pissotière et Dubonnet en pub. Au total quatre changements de décors avec des intervalles longuets pour moins de deux heures de musique.

Ce naturalisme grand teint fait évidemment écho au vérisme de Puccini qui nappe le mélo d’Henry Mürger Scènes de la Vie de Bohème de ses grands élans symphoniques et de ses airs de bravoure – Mi chiamano Mimi, O suave fanciulla – qui trottent dans les oreilles et font le défi et le bonheur des chanteurs.

A l’Opéra Bastille, trois distributions se partagent les principaux rôles mais contrairement aux us et coutumes des grandes maisons d’opéra, les stars - la soprano Angela Gheorghiu en tête – n’arriveront que dans la série qui commencera le 27 mars.

En attendant, Rodolfo, Mimi, Musette, Marcello et leurs copains ont pris les traits et les voix d’une distribution en bel équilibre : Maria Agresta, soprano italienne découverte récemment sur cette même scène dans Les Puritains de Bellini (voir WT 3937) offre sa délicatesse, sa pudeur et son chant lumineux à Mimi, Stefano Secco a tant de fois déjà interprété Rodolfo qu’il en a un peu usé les ressources, le jeu est devenu fébrile, la voix toujours généreuse mais bien moins ample s’étouffe parfois dans les aigus, Brigitte Kele campe une Musette de cabaret pleine de drôlerie. Ludovic Tézier est parfait en Marcello, legato fluide, timbre cuivré, jeu musclé et belle présence : parmi les premiers rôles, il est seul qui défendra son personnage durant toutes les représentations. On ne s’en plaindra pas.

Daniel Oren dans la fosse fait couler le sirop puccinien à grands flots pathétiques. Le public s’en imprègne, ravi. Il est venu pour ça.

La Bohème de Giacomo Puccini, livret de Giuseppe Giacosa et Luigi Illica d’après Scènes de la Vie de Bohème d’Henry Mürger. Orchestre et chœur de l’Opéra National de Paris, direction Daniel Oren, chef de chœur Alessandro di Stefano, mise en scène Jonathan Miller, décors Dante Ferretti, costumes Gabriella Pescucci, lumières Guido Levi. Avec Maria Agresta (15-24 mars), Angela Gheorghiu (27 mars-11 avril), Anita Hartig (29 juin-14 juillet), Brigitta Kele (15 mars-11 avril), Elena Tsallagova (29 juin-14 juillet), Stefano Secco (15-24 mars), Piotr Bezcala (27 mars-11 avril), Massimo Giordano (27 juin-14 juillet), Ludovic Tézier (15 mars-14 juillet), Igor Gnidii/ Lionel Lhote, Ante Jerkunica/Nahuel di Pierro, Mateo Peirone, Antoine Normand.

Opéra Bastille, les 15, 18, 21, 24, 27, 31 mars, 4, 11, avril, 29 juin, 2, 4, 7, 9, 12, 14 juillet à 19h30.
*Représentation gratuite

08 92 89 90 90 - +33 1 72 29 35 35 – www.operadeparis.fr

Photos : Opéra National de Paris

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1 Message

  • LA BOHEME de Giacomo Puccini 22 mars 2014 11:11, par SERVIAN

    Vous pardonnerez à un vieux monsieur de s’étonner de lire :
    "...Marcello et ses copains ON PRIT les traits..."
    Avec l’expression de ma considération distinguée.
    J.C. SERVIAN, Breux, 03500 ST POURCAIN sur SIOULE.

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