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Critiques / Théâtre

L’Ours et Une demande en mariage d’Anton Tchekhov

par Gilles Costaz

Un fort taux d’alcoolémie théâtrale

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Il y a des jeunes compagnies sur lesquelles on a envie de parier sans attendre. C’est le cas de l’équipe Les Pendards qui travaille dans ses locaux d’Asnières, à proximité du métro Gabriel Péri, et y présente régulièrement ses spectacles. Les participants sont très jeunes. Le public aussi généralement, et un bar permet de discuter avant le spectacle, pendant l’entracte et après le spectacle. La compagnie inscrit ses créations dans certains appartements de l’immeuble, qu’elle peut avoir à sa disposition – le projet étant précisément de reprendre les spectacles dans des cycles de théâtre à domicile. Il n’y a donc pas d’autre décor que le contexte dans lequel vivent des gens aujourd’hui. Les deux pièces de Tchekhov ne peuvent en conséquence se passer au XIXe siècle mais à présent, dans la décoration, parmi le mobilier et les rayonnages de personnages lamba. En quelque sorte parmi nous, chez nous.
Acte un : L’Ours, ou l’affrontement de deux caractères explosifs qui virent à la guerre ou à l’amour. Acte deux : Une demande en mariage, où la solennité de la situation est bousculée par les vieilles querelles enfouies de ces voisins réunis par une perspective de mariage. A chaque fois le ton belliqueux s’enflamme, semble tout briser sur son passage et ne cède à la douceur que lorsque tout paraît perdu. La mise en scène nerveuse et graduée d’Imad Assaf exige des comédiens, Florence Fauquet, Angeli Hucher de Barros et Paul-Henri Véchambre, un engagement intense. L’un d’eux est même à peu près nu, juste vêtu d’un caleçon, dans la seconde pièce. C’est qu’il faut aller au plus fort de la folie passagère de personnages, et qu’on est plongé, en effet, dans l’accélération des pensées conscientes et inconcientes. Les protagonistes sont d’ailleurs, pour Assaf, des alcooliques, et une vodka de théâtre coule à flots. La soirée est d’une haute alcoolémie théâtrale. La compagnie Les Pendards, qui présente en un autre lieu un Scapin conçu comme un thriller, semble donner à tout ce qu’elle touche un coup de fouet tel que le procurent la vodka ou, plus vraisemblablement, l’ivresse d’un art aimé dans sa plus exaltante vérité burlesque.

L’Ours et Une demande en mariage de Tchekhov, mise en scène d’Imad Assaf, avec Florence Fauquet, Angeli Hucher de Barros et Paul-Henri Véchambre.

Les Pendards 1, rue Jean-Jacques Rousseau, 92600 Asnières-sur-Seine, 20 h 30, les 10, 26 janvier, les 16, 25, 28 février. Fonctionnement associatif : lespendards gmail.com, 06 67 19 68 91.

Photo DR.

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