Accueil > Kennedy de Thierry Debroux

Critiques / Festival / Théâtre

Kennedy de Thierry Debroux

par Marie-Laure Atinault

Un géant aux pieds d’argile, un Don Juan insatisfait

Partager l'article :

Le monde en fut saisi, lorsque la télévision passa les images de l’assassinat du très charismatique trente-cinquième président des Etats-Unis, John Fitzgerald Kennedy. Il était beau, il était jeune, un sourire à décrocher les étoiles. Mais quelle étrange fatalité poursuit inlassablement les membres de la famille Kennedy ? Une vraie tragédie Grecque. John, que ses familiers nomment Jack, a une terrible maladie, non seulement il est né avec une colonne vertébrale instable, mais la maladie d’Addison le fait souffrir. Il ingurgite un cocktail de tranquillisants et d’antidouleurs, qui lui donne une énergie étrange.

Nous sommes le 19 mai 1962, dans la suite présidentielle de l’hôtel Madison Square Garden. Soirée historique et embarrassante pour JFK. La pulpeuse Marylin Monroe est venue sur la scène, vêtue d’une robe en gaze de soie. Vêtue si on peut dire, la robe est cousue à même la peau. Marylin entonne un Happy Birthday Mister President, d’une sensualité folle. Il ne s’agit pas de l’hommage d’une actrice au président mais une déclaration à un amant. Les milieux autorisés savent que JFK est doué d’une sexualité débordante. Ce qui est fort gênant pour le premier président catholique des U.S.A. Il est marié. On frise le scandale.
Il est épuisé, il souffre, il ne supporte plus le corset qu’il doit porter.
Jack se retire dans sa suite avec son frère Bob. Là entre demi-sommeil et songe il croit voir une femme qui sait tout de lui, et de sa famille.

Thierry Debroux a imaginé ce moment où les deux frères se sont retirés dans la suite. Les références historiques sont solides, nul ne sait ce qu’ils se sont dit, mais les révélations autour des Kennedy font sans arrêt surface. De même que tout ce qui touche à Marylin, est étudié, scruté, analysé. La pièce est finement écrite, il est toujours difficile de faire parler des personnages historiques. Il faut peser précisément la part historique et la part fictionnelle. Ladislas Chollat se trouve confronté à des personnages historiques pour la première fois. Il a su trouver la juste mesure entre le décor réaliste et l’abstraction. Il faut que le spectateur doute : la femme est-elle un songe, une allégorie, ou une intrigante ?

Alain Leempoël interprète très finement cet homme face à son destin. Admiré, adulé courtisé, lorsqu’il se retrouve dans l’intimité de sa chambre, il est un homme qui souffre. Alain Leempoël n’a pas cherché à ressembler à Kennedy, il compose cet homme qui a dû toujours faire face pour être conforme au modèle imposé par son père. Son interprétation en demi-teintes, laisse affleurer le désespoir et la colère. On regrettera simplement que ce grand comédien belge ne joue pas plus souvent en France.

Kennedy de Thierry Debroux
Mise en scène de Ladislas Cholat
Avec, Alain Leempoël, Dominique Rongvaux, Anouchka Vingtier
Festival Off Avignon
Théâtre du Chêne Noir
8 bis, rue Sainte Catherine
84000 Avignon tél : 04 90 86 74 87

Le Mur d'affiches


Visitez le Mur d'Affiches...

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.