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Critiques / Théâtre

Insuline et magnolia de Stanislas Roquette

par Corinne Denailles

Poéticodépendant

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Insuline et magnolia, ça sonne poétique comme La rose et le réséda, célèbre poème de résistance écrit par Aragon au sortir de la guerre. C’est bien de guerre, de résistance et de poésie que parle Stanislas Roquette dans ce spectacle.
A 15 ans le ciel lui tombe sur la tête quand on lui annonce brutalement qu’il souffre de diabète de type 1, insulinodépendant, inguérissable, source d’éventuels effets collatéraux inenvisageables tant ils sont graves, la survie désormais esclave de l’apport quotidien d’insuline, plusieurs fois par jour avec ce que cela signifie de peurs, de sentiment d’exclusion vis-à-vis des copains, un bouleversement qui aurait pu facilement l’engloutir sans une rencontre décisive.
Stanislas Roquette use d’une belle métaphore pour dire comment la poésie lui a sauvé la vie, au sens littéral du terme, à travers sa relation avec un personnage fantasque, Fleur, qui recourt à un vocabulaire sacrément personnel, toujours imagé (dans son dictionnaire personnel on ne dit pas « merci », mais « magnolia »). Intrépide, sans peur et sans reproche, portée par sa nature toute de légèreté et de fantaisie, elle arpente les continents, toujours passionnée par ses recherches, ses rencontres. Au fil de leur correspondance, elle sème dans le cœur et l’esprit de Stanislas des graines de vitalité, lui montre comment faire un pas de côté pour inventer sa voie dans un monde qui rejette la différence, ou pour le moins s’en méfie. Ainsi fait l’amour, la poésie et la magie des mots.
Insuline et Magnolia pourrait être un préambule au spectacle Nous sommes un poème (Festival d’Avignon 2021) présenté sous l’égide de Jean-Pierre Siméon fervent défenseur du pouvoir salvateur de la poésie.
Seul en scène, sur un plateau presque vide, le comédien, au regard vif, parfois enfantin, se saisit de l’attention du spectateur qu’il ne lâchera pas durant tout ce spectacle où il parle une langue bien à lui dans laquelle des fragments de poèmes font irruption, comme la chair de sa chair, pour mieux traduire sa pensée, son émotion, « traquer le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui » et faire la nique à la grande faucheuse.

Insuline et magnolia de et avec Stanislas Roquette. Maison de la culture d’Amiens, les 25 et 26 novembre 2021. Festival d’Avignon 2022.
©Ludo

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