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Critiques / Théâtre

Il faut toujours terminer qu’est ce qu’on a commencé (Le Mépris) de Nicolas Liautard

par Jean Chollet

Fusion de l’art et des sentiments

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Metteur en scène, fondateur de La Nouvelle Compagnie, en résidence à la Scène Watteau de Nogent-sur-Marne avant de devenir son directeur artistique en 2006, Nicolas Liautard, compte à son actif une quinzaine de réalisations. Parmi celles-ci, des œuvres de Kafka, Sophocle, Gogol ou Molière. Pour cette nouvelle création, il s’est librement inspiré d’Alberto Moravia, Homère, Dante, Pétrarque, et surtout du célèbre film de Jean-Luc Godard, Le Mépris (1963), auquel il emprunte pour titre une réplique de Fritz Lang interprétant son propre rôle. Nicolas Liautard, trouve dans le roman de Moravia dont est tiré le film, une des thématiques reliée à “une histoire personnelle qui (l’) avait fait renoncer à une commande du Festival de Salzburg en août 2012 ”. En ouvrant un questionnement sur la condition de l’artiste confronté à des choix esthétiques et économiques parfois imposés, suscitant refus ou renoncements artistiques.

Dans un espace bi-frontal bordé de deux gradins pour une centaine de spectateurs, la représentation s’engage autour de la présence de deux boxeuses à l’entraînement, dont la gestuelle et les esquives introduisent une forme de métaphore du combat à mener pour conserver amour, dignité et foi dans ses engagements. Se succèdent ensuite avec fluidité des séquences évoquant en fil rouge le scénario et les personnages du film. En particulier dans la relation de Paul, dont la vocation d’auteur de théâtre est contrariée par des contingences financières, avec sa femme Camille. Il a accepté de revoir une adaptation de l’ Odysée en cours de tournage par Fritz Lang, provoquant les malentendus et le mépris de celle-ci, initiateurs d’une fracture du couple. Entre le cinéaste rompu aux méthodes hollywoodiennes et Paul, s’engage un débat sur deux conceptions de création qui croisent des réflexions sur la relation d’un autre couple, composé de Pénélope et Ulysse qui mit une décennie avant de regagner Ithaque après la guerre de Troie. Autant de pistes, aux côtés d’autres, qui ouvrent sans didactisme sur des interrogations artistiques et existentielles.

Les associations cinéma et théâtre n’ont pas toujours été suivies de réussite, souvent parce que le second tentait de reproduire artificiellement des images du premier. Rien de tel avec la réalisation de Nicolas Liautard qui se situe dans l’expression d’un vocabulaire théâtral sans artifices ni références. Elle invite, dans un rapport de proximité, les spectateurs à intégrer une forme de création en cours, révélant les enjeux et les questionnements soulevés tant par les dialogues que part les situations. Toutefois en fonction du foisonnement porté par cette évocation, le spectacle n’évite pas sur sa durée de 2 heures 30 (le film de Godard 1 heure 03)
Quelques longueurs et illustrations parfois redondantes. Il mériterait sans doute un resserrement porteur de davantage d’intensité liée aux propos. Mais les six comédiens sont justes et se fondent dans un collectif, d’où émergent en particulier Aurélie Nuzillard, troublante Camille ou Wolfgang Pissors convainquant Fritz Lang.

Il faut toujours terminer qu’est – ce qu’on a commencé (Le Mépris), inspiré des œuvres d’Alberto Moravia, Jean-Luc Godard, Homère, Dante, Pétrarque, conception Nicolas Liautard,, avec Jean-Yves Broustail, Jean-Charles Delaume, Aurélie Nuzillard, Fabrice Pierre, Wolfgang Pissors, Marion Suzanne. Durée : 2 heures 30.
Scène Watteau Nogent-sur-Marne jusqu’au 23 janvier 2014.

Photo © Catulle

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