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Critiques / Théâtre

Honneur à notre élue de Marie N’Diaye

par Corinne Denailles

Toute ressemblance...

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Pourtant écrite il y a trois ans, cette fable étrange et mystérieuse rencontre une coïncidence troublante avec le calendrier électoral et les affaires d’accusation qui l’entachent et déstabilisent dangereusement la campagne pour les élections présidentielles.
Le maire (Isabelle Carré) d’une petite commune jouit d’une réputation inquiétante de perfection au point que même son opposant (Patrick Chesnais) lui voue une véritable admiration, lui qui a échoué à gagner le pouvoir. On lui prête toutes les perfections, on lui voue un véritable culte jusqu’à ce que la machine s’enraye avec l’apparition incongrue d’un couple de vieux à son domicile qui prétendent être ses parents (Jean-Paul Muel et Chantal Neuwirth) alors qu’elle a toujours dit qu’ils étaient décédés. Vulgaires, toxiques, voire diaboliques, ils sèment la calomnie à son encontre. Cela ajouté à un complot ourdi par l’opposant grâce à la trahison d’un proche collaborateur, peu à peu tout le monde la lâche pour rejoindre l’opposant, individu veule sans aucune ambition qui prendra le pouvoir malgré lui aux élections suivantes. Pourtant elle ne réagit pas, ne dément pas, par fierté, parce qu’elle pense qu’elle n’y peut rien, mystère. Marie N’diaye a probablement voulu mettre en scène la volatilité des convictions des électeurs et le pouvoir de la rumeur et de la calomnie qui nous aveugle mais le propos apparaît un peu vain et assez obscur, d’autant que la mise en scène de Frédéric Bélier-Garcia ne contribue pas à dynamiser le spectacle qui languit quelque peu. Les acteurs jouent tous bien leur partition mais il est dommage que le metteur en scène ait cru bon de caricaturer les personnages des parents qui font figure de grands méchants loups. Isabelle Carré gagne en présence dans la seconde partie et donne de l’épaisseur à ce personnage volontairement opaque ; Patrick Chesnais s’acquitte honnêtement de ce rôle d’éternel looser qu’il interprète souvent, il est particulièrement bon dans son discours d’élu qui ne veut pas l’être.

Honneur à notre élue de Marie N’Diaye mise en scène Frédéric Bélier Garcia. Avec Isabelle Carré, Patrick Chesnais, Jean-Charles Clichet, Claire Cochez, Romain Cottard, Jan Hammenecker, Jean-Paul Muel, Chantal Neuwirth, Agnès Pontier, Christèle Tual. Scénographie, Chantal Thomas ; Costumes, Pauline Kieffer ; son, Sébastien Trouvé. Au théâtre du Rond-point jusqu’au 26 mars à 21h. Durée : 1h50. Résa : 01 44 95 98 21.

Tournée
29 mars-2 avril Théâtre du Jeu de paume, Aix-en-Provence
5 et 6 avril, Le Grand T, Nantes
11-20 avril Théâtre des Célestins, Lyon

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