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Critiques / Théâtre

Hiroshima mon amour

par Jean Chollet

Marguerite Duras en langue des signes

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Si le film d’Alain Resnais, daté de 1959, réalisé d’après le scénario et les dialogues de Marguerite Duras a fait par le passé l’objet de plusieurs adaptations théâtrales, la Compagnie Danse des Signes créée une première avec cette réalisation scénique en langue des signes, reconnue officiellement dans de nombreux pays à travers le monde, et en France depuis le 11 février 2005 (LSF). Outre son usage au quotidien, elle permet également d’établir une relation culturelle et théâtrale avec la communauté sourde, en portant une originalité artistique qui lui est propre. C’est dans ce sens, que cette compagnie animée par Lucie Lataste, a créé dernièrement des œuvres de Beckett, Vian ou Bizet, et s’inscrit, aux côtés d’ateliers et de formations, en droite ligne avec les objectifs de l’International Visual Theatre dirigé depuis 2003 par la comédienne Emmanuelle Laborit.

Dans une boîte noire, seulement habitée de paravents articulés recevant des projections abstraites, la rencontre, après le bombardement atomique d’Hiroshima (août 1945), d’une actrice française et d’un japonais qui devient son amant et son confident, est interprétée, dans un enchaînement fluide de séquences articulées avec cohérence par la mise en scène de Lucie Lataste, par Emilie Rigaud et Vivien Fontvielle. Tous deux s’expriment avec une belle densité dans cette langue gestuelle, composée de plusieurs paramètres, positions de la main et des doigts, expressions du visage et mouvements chorégraphiés, pour transmettre paroles, sentiments ou pulsions des deux personnages. Ils ouvrent ainsi sur une dramatique sensorielle, sous une forme de prosodie singulière, touchante et parfois émouvante. Cette interprétation silencieuse, est accompagnée en direct des paroles de deux comédiens en voix off et de ponctuations musicales. Une rencontre inattendue, mais attachante, avec l’écriture durassienne, qui s’adresse à tous les publics, sourds ou entendants.

Photo © Cie Danse des signes

Hiroshima mon amour, texte de Marguerite Duras, mise en scène Lucie Lataste, adaptation LSF Vivien Fontvielle, Emilie Rigaud, Ariane Cousin, avec Vivien Fontvielle, Emilie Rigaud et (voix off) Alexandre Bernhardt, Lucie Lataste. Scénographie Laurent Padiou, lumière Serena Andreasi, Lucie Lataste. Durée : 1 heure.
International Visuel Theatre – Paris jusqu’au 21 février 2016

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