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Critiques / Opéra & Classique

Festival de la Roque d’Anthéron

par Serge Alexandre

Debussy et Beethoven magnifiés

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Soir de fête à La Roque d’Anthéron ce 27 juillet ! Un communiqué de presse avait annonce l’arrivée de géants de la musique. La foule était au rendez-vous du parc du château Florans pour venir écouter, en cette dernière soirée dominicale de juillet, l’Orchestre Philharmonique de Monte Carlo, l’une des plus belles phalanges orchestrales européennes, sous la direction du jeune chef d’orchestre prodige japonais Kazuki Yamada et un trio de solistes russes d’exception.

Plus une place à la vente pour ce concert de prestige pour la Mecque des pianistes à en oublier ces temps de crise !

Ce fut un bonheur d’écouter la musique symphonique de Claude Debussy transcendé par ce jeune chef d’orchestre domptant à merveille un orchestre particulièrement concentré et maîtrisant en subtilité le discours debussyste avec ses mystères, ses contre-jours ! Le prélude à l’après midi d’un faune mit particulièrement en valeur la belle homogénéité de l’orchestre et la souplesse dont il fit preuve pour accompagner le chef d’orchestre japonais dans sa quête de perfection. Puis vint La mer authentique symphonie. L’invitation au voyage commença par un long silence incantatoire, d’où jaillit le bruissement sourd et fluide de l’onde marine. Le jeune maestro installa un climat de transparence où l’on pressentait cette réserve de puissance dissimulée, celle qui éclate à la fin du premier mouvement puis dans le déchainement du dernier. Il mit en relief le mugissement sourd des timbales, la plainte aigre du cor anglais, le sifflement strident des flûtes à l’image de la tempête qui gronde.

Sous sa direction énergique et précise - on songe aux battues de Seiji Ozawa -, les musiciens de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo alliaient les jeux de timbre les plus subtils à la sollicitation sans répit des vents et des percussions qui se fondaient en une palette orchestrale infinie en parfait accord avec l’impressionnisme de Debussy.

Un mémorable triple concerto de Beethoven

Kazuki Yamada laissae une impression tout aussi bonne dans le triple concerto de Beethoven, synthèse audacieuse entre musique de chambre, un trio de solistes dialoguant avec l’orchestre symphonique. Il y a dans cette œuvre des réminiscences du concerto grosso classique cher aux compositeurs italiens. Le chef retrouva ici trois solistes russes d’exception : le violoniste Vadim Repin, le violoncelliste Alexandre Kniazev et le pianiste Nikolaï Lugansky qui relevèrent parfaitement le défi. Il porta ses trois géants de leur instrument dans une interprétation rare alliant grâce et élan. Le violon lyrique de Vadim Repin vint répondre au jeu de Nikolaï Lugansky d’une assise alliant force et élégance dans une maturité aboutie tandis que le violoncelliste Alexandre Kniatzev nourrissait le sublime largo par un chant poétique tout en retenue, avant de retrouver l’ultime rondo en forme de polonaise où les trois instruments solistes sous la baguette de Yamada matérialisaient toute la finesse et la joie de cette œuvre singulière.

Ces moments de grâce ont été longuement salués par l’enthousiasme du public gratifié d’un bis par l’ensemble des musiciens de cette soirée exceptionnelle par la coda finale de cette œuvre concertante devenue rare au concert !

Festival de la Roque d’Anthéron
Du 18 juillet au 17 août
www.festival-piano.com

Photos F. Burger

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