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Festival d’Avignon version 2017

par Dominique Darzacq

Il braque ses projecteurs sur l’Afrique et fait place aux femmes

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20 jours (du 6 au 26 juillet), 41 spectacles dont 20 créations 7 "Sujets à vifs" et 257 représentations, telle se résume en chiffres froids et muets une programmation qui d’emblée allume la curiosité et titille nos appétits de rencontres inédites, dont certaines ne nous laisseront pas indemnes. Si, pour cette année, l’Afrique y tient une bonne place c’est, explique Olivier Py, « qu’il s’y passe quelque chose, que les artistes y inventent des formes « indisciplinaires » en alliant combat politique et combat artistique et qu’ils ont des choses à nous dire sur leur héritage, leur révolte, leurs combats ». Venu(e)s du Bénin, du Mali, de Côte d’Ivoire, du Burkina Faso, d’Afrique du Sud, ils le diront en une quinzaine de spectacles de danse, musique et théâtre et parmi ceux-ci , Dream Mandé-Djarta de et avec Rokia Traoré et Unwanted de la rwandaise Dorothée Munyaneza qui, à travers un spectacle multimédia, revient sur le génocide et nous parle des enfants nés des viols qui y ont été perpétrés.
« Nous devons aux femmes une grande partie de nos luttes pour nos droits » estime Olivier Py qui leur fait une large place dans cette nouvelle édition avec, comme star, Christiane Taubira qui remplace la Piccola Familia de Thomas Joly dans les jardins Ceccano. Sous la houlette d’Anne-Laure Liégeois et à travers la lecture de divers textes, elle proposera une manière de feuilleton de la démocratie, intitulé On aura tout . Parmi les femmes, on retrouvera la néerlandaise Katie Mitchell qui avec De Meiden propose une lecture décoiffante des Bonnes de Genet, et la toute aussi décoiffante palermitaine Emma Dante et son Bestie di scena (Bêtes de scène). A retenir aussi le Birgitt Ensemble de Julie Bertin et Jade Herbulot, dont Memories of Sarajevo et Dans les ruines d’Athènes , à l’affiche du Festival, sont les deux derniers volets de la tétralogie Europe mon amour , qui se veut une traversée de l’histoire contemporaine de 1945 à nos jours.

Seront également présents ces deux grandes pointures de la scène européenne que sont Frank Castorf ( Le Roman de Monsieur Molière d’après Boulgakov) et Guy Cassiers qui vient avec deux spectacles : Grensgeval (Borderline) d’après Les Suppliantes d’Elfried Jelinek, et Le Sec et l’humide de Jonathan Littell. Un essai de l’auteur des Bienveillantes autour de la pensée fasciste du Belge Léon Degrelle (1906-1994) et pour lequel le metteur en scène enchevêtre images d’archives, commentaires et de saisissants effets acoustiques.
A retenir pour les amateurs de grandes traversées théâtrales, la proposition de l’italien Antonio Latella qui met en scène Sainte-Extase-Les Atrides : huit portraits de famille. Chacun des portraits écrits par des auteurs différents faisant deux heures chacun.
Pour sa part le maître des lieux adapte pour la scène son roman Les Parisiens et présente un Hamlet d’après Shakespeare réalisé avec les détenus du centre pénitentiaire Avignon-Le Pontet.

C’est avec une femme, antique figure de la rébellion, que le Festival frappera ses trois coups dans une Cour d’Honneur au plateau transformé en vaste et spectaculaire plan d’eau puisque le metteur en scène japonais Satoshi Miyagi s’est inspiré du théâtre de marionnettes indonésien sur l’eau pour mettre en scène Antigone de Sophocle. Toujours dans la Cour d’Honneur, après l’eau suivra le feu, celui qu’allumera le danseur chorégraphe Israël Galvan avec La Fiesta et son flamboyant flamenco.
Si Shakespeare va bien à la Cour d’Honneur comme aimait à le dire Jean Vilar, la voix des poètes y prend toute son ampleur et singulièrement celle de Léopold Sédar Senghor qu’avec Femme noire nous feront entendre Angélique Kidjo et Isaac de Bankolé et leurs invités, parmi lesquels Manu Dibango. «  ;... Femme nue, femme noire vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté, j’ai grandi à ton ombre… » C’est ainsi en toute « négritude » que s’achèvera le 26 juillet une cuvée qui s’annonce prometteuse.

Photo ©Christophe Raynaud De Lage, affiche du festival signée Ronan Barrot

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