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Festival Giorgio Gaber

par Gilles Costaz

Hommage à un grand auteur, chanteur et comédien italien. Rencontre avec Maria Laura Baccarini

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On connaît peu en France Giorgio Gaber, qui fut fort connu en Italie et mourut en 2003. L’association les Ateliers de CriBeau, qui milite pour certaines formes de la culture et de la création italiennes, organise à Paris un mini-festival autour de celui qu’on appelait « Il signor G ». La mairie du IXe arrondissement lui apporte son soutien. Des artistes, comme Neri Marcorè, Pacifico, Cristina Marocco, et des témoins italiens et français rendront hommage à celui qui fut l’un des auteurs-chanteurs du Piccolo Teatro de Milan et dont les textes sont parfois de grands textes de théâtre. La comédienne chanteuse Maria Laura Baccarini évoque pour nous l’auteur dont elle interprète régulièrement les chansons. Son récital sera l’un des moments forts de la manifestation.

Y avait-il une relation entre Giorgio Gaber et la culture française ?
Maria Laura Baccarini : Gaber avait un très grand lien avec la France. Pour la chanson, ses références étaient Jacques Brel surtout, ainsi que la Rive gauche parisienne et Léo Ferré. On trouve des citations de Céline dans ses textes ! Il a traduit en italien Les Bourgeois de Brel ! Mais, secret, discret, il n’a jamais voulu se produire en France. Déjà, en Italie, il voulait échapper aux regards, ne se laissait pas filmer, n’enregistrait plus de disques à la fin de sa vie.
C’est un poète chanteur qui a été lancé par le théâtre.
A ses débuts, le Piccolo Teatro de Milan a été l’un des lieux où il se produisait. Paolo Grassi l’invitait souvent. Ce qu’il faut dire avant tout, c’est Giorgio Gaber a inventé un genre, le « teatro canzone », la chanson théâtre. Il y a toujours une dualité théâtrale dans ses textes, d’abord parce qu’il les écrivait avec un auteur peintre Sandro Luporini, ensuite parce qu’il y a cette vie théâtrale dans son écriture. Dario Fo aimait beaucoup Gaber mais lui reprochait de ne pas être assez politique. En fait, Gaber était très indépendant, très critique, parfois d’une belle violence, comme dans son récital Poulets d’élevage qui s’en prend aux hommes politiques. Sa dernière chanson s’intitule N’enseignez pas aux enfants, et c’est bouleversant.
A-t-il écrit des textes de théâtre ?
Il a écrit des monologues, des solos, qui sont comme des pièces : Dieu enfant, Le Gris... Par exemple, Le Gris est la parole d’un homme qui veut échapper à tout et qui entend des bruits. Ce texte a été joué au théâtre et porté à l’écran. Au cours de notre festival, Neri Marcorè dira certains de ces textes. Moi, je chanterai et dirai le monologue Le monde me fait mal.
On chante et on joue toujours Giorgio Gaber en Italie ?
Oui, beaucoup. La Fondation Giorgio Gaber est très active. C’est un auteur qui va au fond de l’être humain. Il avait choisi la scène pour s’oublier. Il portait des masques. On le redécouvre. Je n’avais jamais chanté Gaber avant d’envisager ce récital où je suis accompagné par Régis Huby. Il est devenu une part de moi et ses paroles me font parfois pleurer.

Le vendredi 27 mai, 19H45.
HOMMAGE A GIORGIO GABER

Neri Marcoré invite Pacifico et Cristina Marocco
Avec la participation de Maria Laura Baccarini et Pierrick Hardy
Mairie du 9e arrondissement, salle Rossini, 6 rue Drouot Paris 9e.

Le samedi 28 mai à20h30.
GABER, IO E LE COSE !


Maria Laura Baccarini : Voix. Régis Huby : Violon ténor électroacoustique, violon électrique, effets et arrangements)
Les Ateliers de CriBeau 37, rue de Bellefond Paris 9e.

Le dimanche 29 mai à partir de 17h.
FINALEMENT… GIORGIO GABER !

Happening, lectures, chansons, projections…
Les Ateliers de CriBeau 37,rue de Bellefond Paris 9e.
Tél. : 01 40 38 34 62, 06 95 64 54 47.

Photo : Raffaella Cavalieri.

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