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Critiques / Théâtre

Elvis (Polyptyque) de Emmanuel Darley

par Jean Chollet

La jeunesse du "King"

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De Love me tender à Don’t be cruel tout le monde a encore en tête les succès du pionnier du Rock and roll, chanteur et comédien, devenu star mondiale, Elvis Aaron Presley (1935 – 1977). C’est une partie de sa trajectoire de vie qui a inspirée cette nouvelle pièce en forme de portrait à Emmanuel Darley. Non sous la forme traditionnelle d’un “ biopic ”, mais en associant le réel à l’imaginaire dans une succession de tableaux (polyptique), qui évoquent une existence hors du commun. Le jeune garçon né dans le Mississipi, dans une famille modeste, ambitionne de devenir camionneur. Mais aux côtés de ses parents Gladys Love et Vernon, et à l’ombre de la présence d’un frère jumeau mort – né, Jessie Garon, le jeune Elvis se met à chanter pour sa mère, avec une guitare reçue en cadeau paternel. Il rencontre des fées qui lui prédisent un avenir radieux en devenant “ The King ”, adulé par ses fans, mais aussi sa mort. Puis, un colonel équivoque, lui offrant ses services comme agent artistique, et beaucoup de filles chavirées par le charme et les déhanchements du chanteur. A travers ces différentes rencontres et échanges se tisse, dans le climat social d’une époque, une personnalité aux différentes facettes, dépassée par un destin trop lourd à porter. Comme beaucoup d’autres.

Tour à tour cocasse et émouvant.

Avec la complicité de l’auteur, Gilone Brun, metteuse en scène et scénographe, articule avec beaucoup de doigté et de maîtrise un texte dont la singularité ne porte pas apriori une évidence scénique. Dans un espace ouvert seulement structuré pour recevoir les projections vidéo signifiantes ou évocatrices de Muriel Habrard, et quelques accessoires, la représentation tour à tour dôle, cocasse ou émouvante, bien rythmée dans l’enchaînement de séquences qui composent la pièce, s’exprime surtout par le jeu canalisé des cinq bons comédiens interprétant plusieurs personnages. Dans les costumes argumentaires de Gilone Brun et sous les lumières variant les ambiances de José Victorien, on retiendra surtout les prestations de Yan Tassin, interprète nuancé sans excès caricatural du jeune Elvis, et de Emeline Bayard et Heidi Becker-Babel, dans les rôles féminins, auxquels elles apportent une vitalité tonique et joyeuse aux frontières du burlesque. Sur la route de Memphis.

Elvis (Polyptyque) de Emmanuel Darley , mise en scène Gilone Brun et Emmanuel Darley, avec Yan Tassin, Emeline Bayard, Heidi Becker –Babel, Dominique Parent , Vincent Leenhardt, musicien Manu Deligne. Scénographie et costumes Gilone Brun, lumières José Victorien, vidéo Muriel Habrard, son Manu Deligne. Durée 1heure 45.
Théâtre Paris – Villette, CDN La Manufacture Nancy du 19 au 20 mai 2015. A l’automne (dates à préciser) à Saint-Etienne et Metz.

Photos ©Noric Laruelle

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