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Critiques / Théâtre

Dévaste-moi par Emmanuelle Laborit

par Gilles Costaz

Les sens en émoi

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Robe rouge de dentelle ajourée qui dévoile une partie du corps : Emmanuelle Laborit est tout de suite dans la sensualité. Dès qu’elle apparaît, elle chante Carmen, ou, plus exactement, « chansigne » Carmen : elle exprime le texte en langue des signes et le joue de tout son visage et de tout son corps. Les paroles de chaque chanson apparaissent sur un écran derrière elle ; généralement à la gauche de la scène, mais, parfois sur la scène, près de l’artiste, les musiciens balancent leurs notes ardemment. Emmanuelle Laborit passe vite d’un répertoire classique à la chanson moderne, la plus cocasse et même la plus brûlante. « Dévaste-moi », c’est tout un programme. Le plaisir de la femme est son thème privilégié. Elle change sans cesse de tenue : tous les sens en émoi, elle est en blouson, en pantalon, en cuir, en blanc, multicolore. L’auteur qu’elle préfère, c’est Brigitte Fontaine, avec son indécence blagueuse, ses adresses directes aux hommes, ses impératifs érotiques !
La soirée se termine par The Masturbation Blues… Au lieu de s’enfermer dans l’image de la malentendante vertueuse, Emmanuelle Laborit inverse son image. Elle se montre libre, drôle, moderne, jeune, débridée, dans le plain chant du « chansigne ».

Dévaste-moi, chansons de Brigitte Fontaine, Léo Ferré..., mise en scène de Johanny Bert en collaboration avec Yan Raballand, chorégraphe, arrangements et compositions d’Alexandre Rochon, dramaturgie Alexandra Lazarescou
, adaptation des chansons en langue des signes d’Emmanuelle Laborit, création vidéo de Virginie Premer
, création costumes de Pétronille Salomé, création lumière de Félix Bataillou, son de Lucie Laricq, avec
Emmanuelle Laborit et les musiciens de The Delano Orchestra : Guillaume Bongiraud, Mathieu Lopez, Christophe Pie, Julien Quinet et Alexandre Rochon.

IVT (International Visual Theatre), 20 h, tél. : 01 53 16 18 19, jusqu’au 26 novembre. Puis à la Comédie de l’Est, Colmar, du 30 novembre au 2 décembre. (Durée : 1 h 20).

Photo Jean-Louis Fernandez.

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