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De si tendres liens de Loleh Bellon

par Corinne Denailles

Mère et fille

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Initialement comédienne, Loleh Bellon est l’auteur d’une petite dizaine de pièces de théâtre ; il y a eu d’abord Les Dames du jeudi (1976) servie par un joli trio de comédiennes dont Suzanne Flon dont la tonalité du jeu s’accorde parfaitement avec le ton des textes de Loleh Bellon, intimiste, d’une souriante mélancolie. Des textes qui s’attachent plus aux relations entre les personnages qu’à l’intrigue. Dans De si tendres liens (1984) elle brosse le portrait de deux femmes, mère et fille à deux époques de leur vie. Dans son enfance, Jeanne était une petite fille exigeante, exclusive qui réclamait sans cesse la présence d’une mère attentionnée mais peut-être trop soucieuse d’elle-même et trop absente, selon le point de vue de Jeanne. Avec le temps, les rôles s’inversent. Charlotte, la mère, a vieilli, devenue fragile, elle a perdu son autonomie et un peu la tête. La fille se retrouve en position de mère. Une situation très banale et néanmoins très douloureuse et largement partagée que Loleh Bellon évoque avec une infinie délicatesse et une grande précision, brodant sur le motif avec élégance.
La mise en scène de Laurence Renn Penel joue d’effets de miroir avec sobriété et finesse dans un décor très simple fait de panneaux et de voiles (Thierry grand). Christiane Cohendy est poignante dans le rôle de la mère vieillie ; le regard fixe, son visage exprime le désarroi, la souffrance de sentir que la vie est ailleurs et qu’elle n’y a plus accès. « Les gens vont quelque part ». Sa fille est toujours très occupée, et elle, assise sur son lit, regarde la vie qui s’éloigne. Clotilde Mollet interprète la petite fille sans jouer l’enfant, et la fille devenue adulte avec une certaine rogue intérieure. Comme pour lui rendre la monnaie de sa pièce, elle n’exprime guère de tendresse pour cette mère qu’elle veut « obéissante ». Un spectacle émouvant qui ne tombe jamais dans le pathos où il est question de solitude et de quête d’amour.

De si tendres liens de Loleh Bellon. Mise en scène Laurence Renn Penel. Scénographie et lumières, Thierry Grand ; costumes, Cidalia da Costa ; musique, Frédéric Gastard ;. Avec Christiane Cohendy et Clotilde Mollet. Avignon, Petit Louvre du 7 au 30 juillet 2017 à 21h30. Résa 04 32 76 04 79.
www.petitlouvre.fr

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