Accueil > Dans la malle de Beethoven

Critiques /

Dans la malle de Beethoven

par Christian Wasselin

Célimène Daudet et Amanda Favier font vivre et chanter les sonates pour piano et violon de Beethoven.

Partager l'article :

LA PIANISTE CÉLIMENE DAUDET a choisi dès longtemps de fuir les sentiers battus. C’est ainsi qu’elle a imaginé des récitals singuliers, dont cet Art de la fugue associé à deux acrobates, qu’on avait pu voir au Théâtre Sylvia-Monfort. C’est ainsi également, avec la violoniste Amanda Favier, qu’elle a conçu ce récital baptisé « Dans la malle du poilu » qui a ressuscité bien des pages jouées pendant la Première guerre mondiale et a permis de mettre à l’honneur Lucien Durosoir, musicien auquel est désormais consacré un festival (qui a lieu à Nyons, dans la Drôme) dont la programmation est assurée par Célimène Daudet en personne.

Cette fois, les deux musiciennes s’attaquent à un monument du répertoire : les sonates pour piano et violon de Beethoven. Elles nous en offrent ici trois sur les dix que nous a laissées le compositeur. Trois sonates on ne peut plus diverses : une sonate de la première manière, qui date de la fin du XVIIIe siècle ; une sonate célèbre entre toutes (« Le Printemps »), contemporaine de la Première Symphonie ; et la toute dernière, datée de 1812 : nous ne sommes pas encore à l’époque des dernières sonates pour piano et des derniers quatuors, mais la facture a singulièrement évolué en une quinzaine d’années.

Beauté des mouvements lents

Moins graves que les sonates pour piano précitées, ces pages pour piano et violon exigent autant d’esprit que de sensibilité. « Adagio molto espressivo », « Adagio con molto espressione », etc., les mouvements lents, en particulier, demandent un engagement caché, quelque chose comme une passion contenue. Ces pages, Célimène Daudet et Amanda Favier les réussissent avec brio, d’autant que le piano charnu de la première se conjugue aux couleurs métalliques du violon de la seconde. Ce qui ne signifie pas que les scherzos ou les mouvements rapides manquent de malice ou de virtuosité, au contraire. Mais tout semble ici naturel, tout respire sans que l’effet soit recherché. La prise de son y est peut-être aussi pour quelque chose, qui fait respirer les deux instrumentistes d’un seul élan

Il s’agit là, on l’espère, du premier volet d’une intégrale. L’ensemble, alors, viendra peut-être concurrencer de célèbres versions comme celle de David Oïstrakh et Lev Oborine ou celle, plus récente, de Cyril Huvé et Jorja Fleezanis. A quand la suite ?

Beethoven : Sonates pour piano et violon n° 5 « Le Printemps », n° 3 et n° 10. Célimène Daudet, piano ; Amanda Favier, violon. 1 CD NoMadMusic NMM034.

Le Mur d'affiches


Visitez le Mur d'Affiches...

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.