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Critiques / Danse

Crystal Pite

par Yves Bourgade

Un nom à retenir et un succès immédiat « The Season’s Canon »

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Depuis 1990, la Canadienne Crystal Pite chorégraphie et a signé une quarantaine de pièces dansées pour des compagnies majeures de son pays et d’Europe. Manquait à son palmarès, le Ballet de l’Opéra de Paris avec lequel elle a créé, pour son spectacle de rentrée au Palais Garnier, une œuvre de 35 minutes, « The Season’s Canon ».
Le succès a été au rendez-vous dès les premières représentations. Les ingrédients réunis sont, il est vrai, des gages de réussite. D’abord, 54 danseurs sont convoqués : les ensembles sont spectaculaires et toniques, voisinent ou alternent avec des parties virtuoses mettant en valeur des solistes.
En plus, la chorégraphie s’appuie sur une musique de l’allemand Max Richter qui a « librement recomposé », selon sa formule, la séduisante partition des « Quatre saisons » de Vivaldi. Certains moments de l’œuvre du génial Vénitien ont été remodelés pour donner naissance à ce que Max Richter appelle des « nouveaux objets » qu’il superpose à des fragments familiers ou qu’il juxtapose en boucle pour revigorer des « Quatre saisons », et, selon lui, « usées par un emploi abusif ».
Le résultat est un ballet pas franchement nouveau sur le plan de la danse, mais efficace, cohérent visuellement, comme peuvent l’être toujours le « Boléro » selon Maurice Béjart et le « Sacre du printemps » dans les versions très différentes de Pina Bausch et Béjart.
« A travers le corps humain, précise la chorégraphe, j’essaye de rendre la musique visible et pour moi, les structures et états qui découlent de ce corps, évoquent des phénomènes naturels, germinations, mutations, transformations et la lutte pour la domination et la survie au sein du monde naturel ».
L’accueil enthousiaste du public à « The Season’s Canon » est révélateur de la réussite de l’entreprise qui prend place dans un programme dont les autres pièces sont davantage abstraites, plus novatrices s’agissant de la danse, avec notamment la reprise bienvenue de « Blake Works I » de l’Américain William Forsythe, avec lequel Crystal Pite a dansé.
Dans ce programme de rentrée du Ballet de l’Opéra, les cinq interventions, dont une « Sans Titre » ( !) du Britannique Tino Sehgal, tranchent avec les autres pièces de ce même programme. Plus rien ne se passe vraiment sur le plateau : le public est accueilli par des « actions » de danseurs et de figurants dans les lieux publics du théâtre, voire au final dans différents coins de la grande salle. Tino Sehgal qui opère souvent dans les expositions, se rattache au courant de l’art conceptuel, préoccupé par la nature de l’œuvre d’art qui passe par une valorisation de l’être humain. Pour l’instant, une grande partie du public reste, sans être hostile, dubitatif sur sa démarche volontairement provocatrice. Son apport singulier à la danse n’est pas évident.

Photo de « The Season’s canon » : Julien Benhamou

Pite, Forsythe, Sehgal etc… , Palais Garnier : 30 septembre, 20h30, espaces publics à partir de 19h30 ; 1, 3, 4, 6 , 8 octobre, 19h30, espaces publics à partir de 18h30 et 9 octobre 14h30, espaces publics à partir de 13h 30 ; durée 2h ; places de 10 à 121 € .

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1 Message

  • Crystal Pite 18 octobre 2016 20:42, par Geneviève

    Juste une fan de danse.

    Ça me permet de m’évader de ma maladie...

    Je suis "ingénieuse" en aérodynamique et la musique classique me fais m’envoler... sans avion !!!

    repondre message

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