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Critiques / Danse

Contact au Théâtre de Chaillot

par Yves Bourgade

Une comédie musicale façon Philippe Decouflé

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Depuis 1983, année où il fut révélé au Concours de danse de Bagnolet, Philippe Decouflé essaye et réussit , tel un magicien, à enchanter un large public , comme ce fut le cas notamment en 1989, avec la Danse des sabots du défilé Bleu, Blanc, Goude du bicentenaire de la Révolution sur les Champs-Elysées et en 1992, lors de les cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux olympiques d’hiver d’Albertville pour lesquelles il marie à la danse, le cirque et l’image.

En fait, ce créateur aujourd’hui de 53 ans échappe à toute classification. Certes DCA, sa compagnie, est composée de danseurs, mais pour sa dernière création Contact reprise à Chaillot à Paris les interprètes ont à faire preuve de talents de comédien et de chanteur. L’ambition est « de rendre hommage aux métiers du spectacle (de la coulisse aux feux de la rampe) et donc de construire le tout comme les « musicals d’autrefois ». Philippe Decouflé avait envisagé d’abord un film il y a dix ans avec Vanessa Paradis et avait été sur le point de monter cette « pièce de music-hall déjantée » aux Folies Bergère

On pense en effet à Fred Astaire, à Gene Kelly, à West side story, mais aussi à certaines revues de cabaret et aux premiers spectacles débordants de vie, provocateurs, du Grand Magic Circus de Jérôme Savary qui a marqué le jeune Decouflé.

Lors de la création cet automne à Lyon de Contact, les premières critiques saluèrent la richesse du propos. Toutefois « l’opulence des ingrédients déborde le cuisinier qui y perd son esprit sémillant » (Le Figaro), « le chorégraphe étant visiblement dépassé par son ambition » (Libération).

Ce que les critiques les plus bienveillants prévoyaient aussi, s’est passé. Philippe Decouflé a retravaillé, resserré Contact, l’a rendu plus immédiatement compréhensible, en a modifié la fin avec davantage de panache.

Le résultat est un divertissement débordant d’une joie de vivre communicative et qui donne à rêver. Même si l’on n’a pas vu toute la production antérieure du chorégraphe, l’on n’est jamais laissé de côté. Au départ, il envisageait d’adapter le Faust de Goethe dont il s’est éloigné, tout en confiant le soin à Méphisto… de mener le bal, avec un clin d’œil au film revisité de Murnau.

Sur la scène, il y a non seulement les danseurs dont les évolutions en groupes ou en scènes intimes, rappellent les interprètes du Bal filmé par Ettore Scola, mais également les compositeurs-interprètes Nosfell et Pierre Le Bourgeois dont les accents pop et rock obtenus par un bricolage de claviers, de percussions, de violoncelle, de basse, de guitare et d’électro, insufflent un rythme soutenu au spectacle. Des projections d’images filmées multiplient quant à elles le champ des perceptions.

Contact de Philippe Decouflé Durée 1H40

Théâtre national de Chaillot : jusqu’au 6 février à 20H30 les dimanches 11 ,18 25 janvier et 1er février à 15H30 relâche les lundi .
Places à 39 euros

Photo ©Laurent Philippe

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