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Charlie Bauer est amoureux d’Alain Guyard

par Marie-Laure Atinault

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La prison, les quartiers de haute sécurité, les coups, les brimades, le cachot. Charlie Bauer aura passé 25 ans de sa vie en prison. Militant révolutionnaire d’extrême gauche, il est emprisonné. Il n’y aura pas de révolution en France. Charlie Bauer s’est refugié dans les livres et l’étude en prison. Coupé de la vie et de l’amour, il se forge un corps et un esprit. Il reçoit les lettres d’un professeur de français, engagée comme lui. Un échange épistolaire qui n’est pas toujours tendre. Il ne laisse rien passer. Il est dur, comme si il voulait la décourager mais la jeune femme s’accroche. Et ils tombent amoureux, ils auront une fille. Mais les démons de Charlie sont plus forts que l’amour.

Sur sa route un homme engagé comme lui contre les QHS, Jacques Mesrine.
La pièce parle de cet amour qui a permis à Charlie de prendre part à la vie. Lui le révolutionnaire, elle, le professeur de français éprise de liberté et de justice. Dominique Fataccioli a cerné sa mise en scène sur l’enfermement de corps et la liberté d’esprit. La première scène de parloir entre les futurs amants est superbe. Un rideau de lumière représente la vitre du parloir et telle l’Orphée de Cocteau, Charlie passe sa main au travers de ce halo de lumière pour toucher l’amour de sa vie. Beaucoup d’émotion soutenue par deux comédiens qui portent cette histoire parfois sous le regard de la vraie Madame Bauer, présente dans la salle. Une charge émotionnelle perceptible, mais qui ne tombe jamais dans le voyeurisme. Les lumières de Fred Millot habillent l’espace, et sculptent les visages de ce couple plus fort que la mort.

La tendresse et la délicatesse de Marie-Hélène Goudet, la force et l’intériorité de Sylvain Seguin portent ce couple dans cette histoire d’amour qui flirte parfois avec un désespoir abyssal. Dommage que la fin peu compréhensible, gâche l’émotion.


Mise en scène Dominique Fataccioli assisté d’Emilie Valette
Avec Marie-Hélène Goudet, Sylvain Seguin
Festival Avignon Off théâtre La Luna 14h25
Crédit photo : Christelle Gilles

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