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Chantiers d’Europe au Théâtre de la Ville

par Dominique Darzacq

Crise et créations

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L’Espagne, la Grèce, l’Italie, le Portugal, sont à l’affiche de cette 5ème édition de Chantiers d’Europe qui éclate ses travaux au-delà des murs du Théâtre de la Ville et essaime ses partenariats, du Nouveau Théâtre de Montreuil à la Cartoucherie de Vincennes, en passant par le Théâtre Paris-Villette, celui de la Cité Universitaire, de la Colline, le Monfort et le Centquatre. A l’heure où l’Europe politique flirte avec ses pires démons et semble un chantier déserté des lumières, il n’est pas indifférent que les spectacles à l’affiche soient ceux des pays où « les effets secondaires » du remède de cheval budgétaire imposé par la crise ont atteint la culture et la création de plein fouet.

Comment, en dépit des vaches maigres voire la disette financière, les artistes ont-ils su trouver des chemins de résistance, organiser des passerelles et maintenir une effervescence créatrice qui parle haut et fort d’aujourd’hui, c’est ce que le programme nous invite à vérifier à travers une trentaine de manifestations de théâtre, danse, musique, installations plastiques, performances où se croisent les disciplines, tels le Flamenco et la vidéo (Nuit électorale).

Avec Concha Vargas, Juana La Del Pipa, Tomasa Guerrero, Miguel Poveda, Esperanza Fernández, Javier Barón, les Compagnies Belén Maya et Isabel Bayón (Grande Halle de la Villette), Maria Muňoz et Niňo De Elche (Théâtre des Abbesses), Diego El Cigala (Théâtre de la Ville), le Flamenco occupe une place de choix dans le programme espagnol, qui, côté théâtre, nous fera découvrir avec « Materia Prima » de la compagnie La Tristura, comment et pourquoi « la vérité sort de la bouche des enfants ». Pour sa part Jordi Gali, danseur espagnol installé en France, avec « T » spectacle où tout est question d’équilibre, de mise en tension, d’assemblages complexes et instables, semble nous proposer une métaphore de l’Europe d’aujourd’hui. (Voir photo).

« A chaque effondrement des preuves le poète répond par une salve d’avenir » écrivait René Char, c’est donc avec la voix des poètes que tout commencera le 3 juin, avec une soirée de lectures mise en scène par Eric Lacascade et retransmise sur France Culture. Au programme, notamment Pasolini, Federico Garcia Lorca, Rafael Alberti, Fernando Pessoa, Dante, Homère, et des poètes grecs d’aujourd’hui, dits par Anouk Grinberg. Pour sa part, la musicienne chanteuse Angélique Ionatos, grande « passeuse » des poètes de son pays, avec une nouvelle chanson, « Perséphone », nous fera découvrir le poète Dyonissis Kapsalis qui retisse sur la mythologie pour dénoncer la marchandisation des corps.

D’Espagne, d’Italie, de Grèce ou du Portugal, troupes connues ou à découvrir, chacune à sa manière, parfois déjantée et provocatrice, témoigne non seulement du bouillonnement créateur des mauvais élèves de l’Europe, mais ce qu’elles nous disent, sonnent comme une alerte et appelle à la vigilance.

Chantiers d’Europe du 3 au 28 juin. Théâtre de la Ville (et ailleurs)
Tel 01 42 74 22 77 www.theatredelaville-paris.com

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