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Chantiers d’Europe

par Gilles Costaz

Nos sociétés face à leurs crises et aux migrants

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L’initiative du Théâtre de la Ville, Chantiers d’Europe, en est à sa huitième édition. Emmanuel Demarcy-Mota définit ainsi ces rencontres qu’il a imaginées : « Ils viennent du nord, du sud et cette année aussi de l’Est, notamment de Croatie. Dans une Europe pleine d’incertitudes, chahutée par nombre de crises sociales, politiques et morales, leurs créations réaffirment au présent le rôle de la culture, de la rencontre et du partage pour regarder et entendre autrement l’Europe, et réaffirmer nos valeurs, revivifier nos idéaux, réinventer demain… Chantier d’Europe se veut un temps fédérateur, un temps concentré de solidarité avec les compagnies de ces pays frères, l’occasion d’un véritable dialogue entre artistes, partenaires et public européens pour tracer ensemble les nouvelles lignes d’une Europe solidaire. »
Le thème des migrants est l’un des sujets centraux, du moins si l’on en juge par les spectacles que nous avons pu voir. La pièce Farmakonisi d’Anestis Azas, donnée en lecture-performance, traitait sans détour d’un naufrage de réfugiés, avec la mort de la mort de onze personnes, dans les eaux grecques. Zohre de Marjolijn van Heemstra, pièce en néerlandais, mettait face à face une réfugiée afghane et une jeune Hollandaise. De quoi découvrir que les Pays-Bas font beaucoup plus que nous pour les migrants (70 000 personnes travaillent pour leur insertion) et que le fossé culturel se comble plus difficilement qu’on ne le pense – il faudrait 17 ans pour qu’un exilé parvienne à une adaptation équilibrée. La pièce est un long dialogue éclairant, qui s’amuse à dénoncer nos œillères et nos certitudes.
Il reste à venir des spectacles de théâtre et de danse qui ont vu le jour au Portugal, en Croatie et aux Pays-Bas. Dans le hall du théâtre, une belle exposition rappelle le temps de la « révolution des œillets » à Lisbonne, quand, en 1974, les militaires firent tomber la dictature de Salazar. De quoi vivre au passé, au présent et au futur.

Chantiers d’Europe, le Théâtre de la Ville à l’Espace Cardin et au théâtre des Abbesses, tél. : 01 42 74 22 77, jusqu’au 24 mai.

Photo Laurent Philippe : Anthemoessa par Eirini Papanikolaou.

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