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Critiques / Théâtre

Cavales de Pierre Vignes

par Gilles Costaz

Puzzle à cent à l’heure

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Au milieu de la scène, une sorte de cabine d’essayage : elle tournera sur place, jouera plusieurs rôles, mais elle ne sera jamais qu’un décor de poche capable d’incarner différents lieux. A la première minute, il y a deux personnages : une mariée qui fuit son mariage dans sa robe de dentelle blanche et un invité qui fuit la noce avec elle. Où court-il ? C’est là que la pièce de Pierre Vignes est stimulante, et volontairement pas très claire. Ils courent vers l’avenir, mais reviennent vers le passé. Ils peuvent même changer de personnage. En tout cas, ils changent de tenue. Ils fuient dans tous les sens. A pied et en voiture.

Sébastien Rajon est un jeune metteur en scène dont on a noté déjà, dans les scènes publiques et privées, combien il avait le sens du climat, du rythme et du jeu physique. Avec peu de moyens et beaucoup d’ingéniosité, il donne une force rare aux scènes qui se succèdent dans le désordre : un puzzle dont les pièces défilent à cent à l’heure. Pas sûr qu’on comprenne tout, mais on suit, fasciné, ce mouvement de marche avant et marche arrière. Michel Laliberté endosse avec brio les costards du coureur de femmes perdu dans une nuit incompréhensible. Stéphanie Papanian allie finement la malice et la sensualité dans la composition de son personnage de femme mutante. C’est assez dingue et très enivrant.

Cavales de Pierre Vignes, mise en scène de Sébastien Rajon, musique d’Arnaud Jollet, lumières de Florent Barnaud, avec Michel Laliberté et Stéphanie Papanian.
Essaïon, 20 h les lundis et mardis, jusqu’au 11 février,
tél. : 01 42 78 46 42. (Durée : 1 h 15).

Photo ©Stéphane Kyndt

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